Marillion au parc de la Francophonie

L'aller-retour généreux de Marillion

Marillion a pris l'avion de l'Angleterre expressément pour venir partager son répertoire au parc de la Francophonie, samedi. Et, dixit le chanteur Steve Hogarth, «chaque minute en a valu la peine». Il ne s'est pas trouvé grand monde pour l'obstiner.
Nul besoin de déguisements, d'esbroufe sur les instruments ou de suffisance pour faire du progressif. Se tenant loin des clichés du genre, tout en se permettant des compositions au long souffle, Marillion a renoué avec ses fans de Québec en puisant dans différents chapitres de sa longue histoire.
C'est sur les airs moyen-orientaux de l'ambitieuse Gaza, tirée du récent Sounds That Can't Be Made, que Steve Hogarth, Steve Rothery (guitare), Pete Trewavas (basse), Mark Kelly (claviers) et Ian Mosley (batterie) ont lancé le concert. D'entrée de jeu, on pouvait constater que le quintette était en forme, bien que sa performance précédente remontait à la mi-mai.
Derrière le micro, au clavier ou à la six cordes, Hogarth prenait son pied. Il interagissait avec le public, distribuait les sourires, levait le poing. Toutefois, le choix du matériel, qui comprenait passablement de ballades (Beautiful, Fantastic Place) ou de titres plus pop (You're Gone, No One Can), a fait la différence entre un bon spectacle et un spectacle d'exception. Car du reste, il n'y avait pas grand-chose à redire de l'exécution. Rothery a distribué des solos comme lui seul sait le faire, gorgés d'émotions, et Hogarth était en voix. Power, Man of A Thousand Faces et Sounds That Can't Be Made font ainsi partie des bons coups.
Comme le groupe se savait en festival, il a décidé, en fin de parcours, de remonter le temps et de dépoussiérer des titres du premier album avec Hogarth et, pour les nostalgiques, de sortir les Kayleigh ou Lavender, naguère chantés par Fish. La foule a approuvé en chantant et en tapant bruyamment des mains : le parc de la Francophonie pouvait difficilement être plus gagné.
Pourtant, Marillion avait encore un bonbon - que peut-être certains ne connaissent pas - dans sa manche : Neverland, de l'album Marbles (2004). Une incroyable livraison était en cours au moment d'aller sous presse... Nul doute qu'on a eu droit à un généreux aller-retour des Britanniques.
Suuns et The D Project
Un peu plus tôt, la formation Suuns est venue récurer les oreilles des festivaliers avec une entrée en scène résolument bruitiste. Les gars ont bien pris le temps d'installer leur rock exploratoire pour ensuite faire un décollage et amener le parc de la Francophonie en orbite avec des titres comme 2020 ou l'hypnotique Arena. Les pièces aux accents électro ou psychédéliques étaient solidement imbriquées les unes dans les autres et on a eu droit à d'excellents moments. Toutefois, la foule a quelque peu semblé déstabilisée par l'offrande sonore...
La troupe de Québec The D Project s'est chargée d'ouvrir la soirée. En dépit d'un pépin technique, qui a causé un faux départ, la bande de Stéphane Desbiens (voix, guitare), Mathieu Gosselin (basse, stick), Jean Gosselin (batterie) et Isabelle Cormier (violon, claviers) s'est tirée d'affaire correctement, parcourant différents titres de sa discographie dont le récent Making Sense.