La laine d'alpaga contient des poches d'air microscopiques qui permettent de produire des vêtements légers et durables.

Laine d'alpaga et coton pima: le Pérou qui enveloppe et réconforte

Qui n'a pas envie de s'envelopper de chaleur et de douceur à l'heure où l'hiver bat son plein? Deux solutions toutes péruviennes s'offrent aux plus frileux comme aux plus exigeants côté confort. Bienvenue dans l'univers voluptueux de la laine d'alpaga et du coton pima.
<p>Les Péruviens ont une façon particulière de traiter les poils et sont capables d'en faire des fibres très fines.</p>
Au Pérou, on les produit depuis la nuit des temps. L'un d'origine animale, l'autre, végétale, les deux textiles présentent des qualités exceptionnelles et méritent certainement d'être mieux connus. Tant sur soi que chez soi, les essayer, c'est les adopter!
Une laine haut de gamme
Riche de 3000 ans d'histoire, la laine d'alpaga était à l'époque considérée par les Incas comme la fibre des dieux. Seuls les membres de la royauté pouvaient se vêtir de pièces confectionnées à partir de la toison de ces camélidés originaires des Andes d'Amérique du Sud, cousins du lama.  
«L'art de travailler cette laine rare a été perfectionné avec le temps, et les Péruviens en ont fait leur spécialité. Ils ont une façon particulière de traiter les poils et sont capables d'en faire des fibres très fines», explique Anne-Marie Caron, porte-parole de l'agence Prompérou, qui fait la promotion du pays et de ses avantages distinctifs.
Souvent comparée à la laine de mouton, la laine d'alpaga s'en distingue toutefois à plusieurs égards. Trois fois plus résistante et sept fois plus chaude, elle contient des poches d'air microscopiques qui permettent de produire des vêtements légers et durables. De fait, les poils d'alpaga rivalisent davantage avec le mohair et le cachemire.
«Ajoutons à cela que la laine d'alpaga est anallergique, ne génère pas d'électricité statique et ne pique pas! D'une brillance naturelle, douce et délicate au toucher, il faut aussi savoir que le mélange de ses fibres produit un nombre impressionnant de couleurs», reprend Mme Caron.  
Fibre à la mode
Autrefois reconnue pour son utilisation dans l'artisanat local, par exemple dans la confection des fameux chullo (bonnets péruviens), des ponchos ou encore des tapis, la laine d'alpaga du Pérou s'est raffinée. Aujourd'hui, elle est davantage intégrée dans le marché de la mode de luxe.
«En magasin, on retrouve de nos jours de nombreux manteaux de qualité supérieure qui sont composés de cette fibre précieuse. Sans compter les tuques, foulards et, pour l'intérieur, les luxueux jetés qui savent si bien rehausser le style de la maison», détaille la porte-parole.
Plusieurs grandes marques ont d'ailleurs fait appel à ce textile sélect dans la conception de leurs collections, comme Rag & Bone, Cacharel et Kenzo. Au Québec, divers articles en laine d'alpaga sont vendus dans les boutiques Guess et Hugo Boss, de même que chez Holt Renfrew.
Comment l'entretenir?
Malgré sa résistance, la laine d'alpaga reste un textile délicat qu'il importe de traiter avec le plus grand soin. Généralement, mieux vaut laver la fibre à la main ou la soumettre au nettoyage à sec. Si on choisit de la laver au cycle délicat, il est préférable d'employer un shampooing doux pour cheveux plutôt qu'un nettoyant pour lessive. Pour un tricot qui demeurera impeccable, on laissera par la suite sécher à plat sur une serviette, à l'ombre.
<p>Le coton pima permet la confection d'articles de literie menant tout droit au septième ciel.</p>
Coton pima... ou soie péruvienne
«Les gens qui en font l'expérience en redemandent!» exprime spontanément la porte-parole de l'agence Prompérou, Anne-Marie Caron, à propos du coton pima, une fibre qui permet entre autres la confection d'articles de literie «menant tout droit au septième ciel!»  
Récolté à la main dans les vallées côtières du nord du Pérou, le coton pima ne cesse de séduire de nouveaux consommateurs. Surnommé soie péruvienne, il s'est taillé, au cours des dernières années, une place de plus en plus grande auprès des designers de mode et dans la production de textiles pour la maison.
 «Le climat exceptionnel du pays n'est pas étranger à la qualité du coton pima du Pérou, pur et fin», révèle la porte-parole de Prompérou. «La présence du soleil tropical, combinée à la richesse de la terre et de la semence, fait en sorte que sa fibre surpasse celle des autres types de coton.»
On reconnaît dans le milieu que la longueur de la fibre représente la meilleure façon de définir la qualité du coton. Dans les faits, les fibres plus longues peuvent être tressées davantage et donnent un fil plus résistant. Si les fibres ordinaires dépassent rarement deux centimètres, celles du coton pima atteignent facilement le double.
Textile anallergique, puisqu'il ne supporte pas les produits chimiques, le coton péruvien est idéal pour les peaux sensibles. Le processus utilisé pour le récolter, en plus d'être respectueux de l'environnement, évite par ailleurs les impuretés introduites dans la fibre cueillie à la machine.
«Douce, brillante, isolante et très absorbante - elle retient jusqu'à 8,5 % de son poids en eau -, la fibre blanche du coton pima se compare à celle du coton égyptien et devient même plus souple avec le temps et les lavages. En fait, plus elle est lavée, plus elle devient souple et confortable!» assure Mme Caron.
Textile aux avantages multiples, il permet évidemment la création de produits haut de gamme. Outre les articles de literie, on l'emploie dans la fabrication de vêtements et de linges de maison. Compte tenu la rareté de la fibre, un pyjama en péruvien peut aisément valoir une centaine de dollars et un ensemble de literie, plus de 700 $.
Au Québec, la Maison Simons, Armani Exchange et Banana Republic offrent plusieurs articles en coton pima du Pérou. La marque Lululemon, qui propose des vêtements de sport, a aussi choisi ce textile d'exception résistant et absorbant pour répondre aux besoins des athlètes.
Pourquoi pima?
Le coton péruvien a été introduit aux États-Unis, puis cultivé par les Indiens pimas dans le sud-ouest du territoire. C'est eux qui auraient donné leur nom au textile. Le Gossypium barbadense, cotonnier d'origine péruvienne, compte aujourd'hui pour environ 6 % de la production mondiale de cette fibre.