Le photographe du Soleil Yan Doublet a réussi à trouver un point de vue en hauteur lui permettant de prendre ses propres clichés.

Lady Gaga: pas de photos, svp!

La star mondiale de la pop Lady Gaga a refusé vendredi soir l'entrée aux photographes de presse tout en restreignant l'accès aux journalistes. Il ne s'agit que la deuxième fois dans l'histoire du Festival d'été de Québec qu'un artiste empêche ainsi des photographes d'immortaliser un concert.
<p>Instagram n'a pas dérougi. Des photos de la star nous sont parvenus par le biais du réseau social. </p>
<p>Il n'est pas rare que Lady Gaga empêche les photographes professionnels de la croquer sur le vif durant ses spectacles. Sa performance au Brooklyn Navy Yard en novembre dernier (photo) faisait partie des exceptions.</p>
Les dizaines de milliers de spectateurs assistant au concert des plaines d'Abraham ont pu croquer des images de Lady Gaga avec leurs appareils photo. Mais pas les photographes professionnels ou encore les caméramans.
«Ça nous déçoit, mais on n'a pas le choix de faire avec», a soutenu vendredi la directrice des communications du Festival d'été de Québec, Luci Tremblay. «Ça arrive de plus en plus avec des grandes tournées mondiales. On n'a pas eu de traitement différent des autres villes.»
Le FEQ s'est dit désolé de fermer la porte à tous les photographes professionnels pourtant accrédités. L'organisation se console toutefois après avoir réussi à accréditer un seul photographe. «Ils ont été très gentils et ont fait preuve d'une certaine souplesse», nuance Luci Tremblay. «Ils comprennent qu'un festival a une dynamique différente qu'un spectacle dans un aréna ou un amphithéâtre. Nous aurons donc le droit d'avoir notre photographe interne.»
En cours de soirée, le FEQ a également obtenu l'autorisation de fournir une photo - approuvée par l'entourage de Lady Gaga - aux médias écrits. Toutefois, le photographe du Soleil a réussi à trouver un point de vue en hauteur lui permettant de prendre ses propres clichés.
Le FEQ évite donc de revivre l'épisode Bruno Mars, où pas un seul photographe n'avait pu documenter le concert. «Pour nous, la promotion et le rayonnement, c'est important. Et là, on n'a même pas une seule photo de Bruno Mars pour montrer qu'il est venu à Québec...»
Souvent dénoncée
Seuls Bruno Mars et Lady Gaga ont refusé d'être photographiés depuis la naissance du Festival il y a 47 ans. Il est toutefois courant que des artistes imposent des restrictions aux pros de la lentille, les restreignant par exemple aux premières chansons ou en interdisant les flashs.
Connue pour son excentricité et son omniprésence dans la sphère publique, Lady Gaga a toutefois une longue relation amour-haine avec les membres des médias.
Cette semaine au Centre Bell, elle a refusé tout accès réservé aux journalistes - même ceux ne prenant pas de photos - les confinant à une section avec vue obstruée pour décrire sa prestation. Vendredi soir, seuls quatre membres de la presse écrite, dont Le Soleil, ont finalement eu un droit d'accès.
En 2011, Stefani Germanotta s'était mis à dos plusieurs photographes professionnels aux États-Unis en réclamant les droits d'auteur à perpétuité de toutes les images saisies durant ses concerts.
Ces contrats de cession de droits d'auteur ont été jugés «abusifs» et «prédatoriaux», notamment par la American Society of Media Photographers. Insultés par ces règles enfreignant le droit d'auteur habituel des concerts, des photographes renommés ont choisi de laisser leurs boîtiers au vestiaire.
Le contrôle des médias par l'artiste a été relevé dans plusieurs pays. Lors de son passage en Afrique du Sud, Lady Gaga n'a pas été dénoncée pour ses tenues suggestives ou ses propos provocants. Elle a plutôt reçu les foudres du South African National Editor's Forum, pour qui l'interdiction complète de photographier la chanteuse était «une censure entrant en conflit avec le droit garanti par la constitution de la liberté de presse».