Laboratoire audionumérique de l'Université Laval : le processus créatif sous la loupe

Dans le sous-sol de l'austère pavillon Louis-Jacques-Casault (celui qui ressemble à une église) de l'Université Laval se cache maintenant un studio d'enregistrement de calibre international, le Laboratoire audionumérique de recherche et de création (LARC). Un écrin sonore à la fine pointe de la technologie, histoire de servir les artistes musicaux et, surtout, de les étudier.
<p>Le sous-sol du pavillon Louis-Jacques-Casault de l'Université Laval abrite maintenant un studio d'enregistrement de calibre international, le Laboratoire audionumérique de recherche et de création.</p>
L'Université Laval inaugurait mercredi le LARC, un studio qui permettra aux artistes professionnels d'enregistrer leur matériel, mais d'abord destiné aux chercheurs, aux créateurs, aux professeurs et aux étudiants de la Faculté de musique. «C'est un fabuleux outil de travail», se réjouit Serge Lacasse, le directeur du LARC, aussi spécialiste de musique populaire et professeur à la Faculté. 
Le projet, d'une valeur totale d'un million de dollars, est sur la table à dessin depuis 2009 et a bénéficié des contributions financières de la Fondation canadienne pour l'innovation et du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie (318 000 $ chacun). L'Université Laval a financé le reste.
Le LARC a bénéficié de l'expertise mondialement reconnue de Martin Pilchner, qui a aussi conçu au moins 400 studios partout à travers le monde, notamment pour Metallica aux États-Unis et à Bollywood. L'espace est insonorisé à la perfection, en plus d'être traité acoustiquement, question d'assurer une dispersion et une qualité du son optimales, explique Serge Lacasse. Quatre régies complètent l'ensemble.
On trouve sur place une console analogique SSL-4000 G+ (considérée comme une référence en matière d'enregistrement analogique), un système audionumérique Pyramix MassCore, des enceintes acoustiques sophistiquées, plusieurs instruments de musique, de même qu'un piano à queue Steinway Hambourg de neuf pieds. Une diplômée en chant jazz, Gabrielle Shonk (participante à La voix), et son groupe était d'ailleurs là, mercredi, pour «tester» le studio.
Le but est de convier les artistes professionnels à venir utiliser le LARC, mais, avant tout, celui-ci est au service de l'Université et de ses étudiants. «On veut mieux comprendre la démarche de réalisation en studio et étudier le processus de création, étudier les artistes», d'un point ethnographique, histoire de faire avancer la recherche sur le patrimoine artistique québécois et canadien, explique M. Lacasse.
Jusqu'à maintenant, Tanya Tagaq, une collaboratrice de Björk, a travaillé au LARC et est le sujet d'un projet de recherche d'envergure mené par des professeurs et des étudiants de la Faculté de musique. Au Québec, Serge Lacasse mentionne qu'il a discuté avec Daran, pour faire la même chose. Éventuellement, le LARC pourrait s'associer avec d'autres maisons de disques et créer son propre label.
Recteur mélomane 
Le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, n'a pas caché mercredi qu'il était particulièrement fier d'inaugurer ce «laboratoire unique au monde», lui qui est un grand amateur de musique. M. Brière a d'ailleurs évoqué la mémoire de sa mère pianiste décédée à l'âge de 99 ans lors de son discours à la Faculté de musique mercredi. «On avait un petit concert presque tous les soirs, a-t-il relaté. La musique a toujours fait partie de ma vie.» Mais le recteur de l'Université Laval semble davantage un auditeur qu'un musicien lui-même. «J'ai joué de la guitare pendant tout mon cours classique, mais là, c'est oublié un peu. Quand j'aurai plus de temps, je vais y retourner.»
Gabrielle Shonk, l'évincée sereine
Gabrielle Shonk ne pourrait être plus heureuse, à la suite de sa participation à La voix... même si elle a été éliminée, dimanche dernier.
«Franchement, je ne suis pas déçue... même que ça me surprend de bien prendre ça à ce point-là!» lance la jeune fille de Québec, en riant.
Choisie par Louis-Jean Cormier lors des auditions à l'aveugle, Gabrielle a été exclue de la compétition à la première ronde des duos-duels, et n'a été «volée» par aucun autre coach. Malgré tout, aucune amertume ne vient assombrir son sourire.
«Je chantais avant et je vais juste continuer à le faire. Avec La voix, j'ai relevé mon défi personnel et je suis vraiment, vraiment satisfaite», affirme-t-elle, impressionnée et émue de l'appui et des commentaires qu'elle reçoit sur les médias sociaux.
Elle suivra La voix jusqu'à la fin... et avoue son «parti pris» pour son ami Rémi Chassé, de Sainte-Marie (aussi de l'équipe Cormier). Pour le reste, Gabrielle Shonk prépare son album folk-pop (goo.gl/IYP4Qf)... en souriant.  
Avec Valérie Gaudreau