La Voix de l'ombre - Photo_HD_5

La voix de l'ombre: un ratage complet

J'ai rarement ressenti autant d'incrédulité, puis de découragement en regardant un film qui se prend au sérieux. La voix de l'ombre est un ratage si complet que c'en est gênant. Tout sonne faux dans ce mélodrame plaqué et invraisemblable, du scénario aux acteurs qui, il est vrai, doivent se débrouiller avec des dialogues pathétiques et une direction d'acteurs inexistante.
Annie Molin Vasseur est venue sur le tard au cinéma - elle aurait peut-être dû s'abstenir. Le récit de sa première réalisation est abracadabrant. Il s'attarde à la rencontre fortuite entre Marie, une photographe de rue (France Castel), et Thomas (Mario Saint-Amand), un homme marié beaucoup plus jeune qu'elle, qui devient immédiatement son amant. Puis le bohème tombe dans le coma à la suite d'un accident de vélo.
Saint-Amand est à son meilleur dans ces séquences d'hôpital où il feint la léthargie - au moins, il ne cabotine pas comme dans ses autres scènes. Son jeu affecté, tout comme celui de France Castel, fait grincer des dents. Il faut dire qu'ils ont peu à se mettre en bouche avec ce récit banal et inintéressant.
On n'y croit pas une seconde. D'autant que le scénario d'Annie Molin Vasseur aligne les phrases creuses et ésotériques, parfois livrées en voix hors champ avec de gros claviers dramatiques. On ne nous épargne aucun cliché, même un poème laborieux de la réalisatrice, dans ce mauvais téléfilm où l'on ne retrouve aucune inventivité dans la mise en scène. On a même droit au film dans le film, réalisé par Thomas à sa sortie du coma et qui nous livre le «secret inconscient» qui lie les deux amants.
Avec La voix de l'ombre, Annie Molin Vasseur signe sa première réalisation de long métrage, qu'elle a aussi produit. Ce serait une bonne idée de se faire épauler par des professionnels la prochaine fois, si prochaine fois il y a. Personnellement, je ne le souhaite pas.