La violence et les menaces font partie de la réalité carcérale des gardiens de prison, affirme Stéphane Lemaire, président du syndicat provincial. Une situation avec laquelle doivent composer quotidiennement ses 2500 membres répartis dans 18 établissements correctionnels à travers le Québec.

La violence et les menaces, le lot des gardiens de prison

Seulement une minorité des gestes de violence portés contre les agents correctionnels se retrouvent devant les tribunaux. La majorité fait plutôt l'objet de sanctions disciplinaires. Cette problématique de violence en cache une autre : l'absence d'encadrement pour gérer les accusations portées par les prévenus contre les gardiens.
La violence et les menaces font partie de la réalité carcérale des gardiens de prison, affirme Stéphane Lemaire, président du syndicat provincial. Une situation avec laquelle doivent composer quotidiennement ses 2500 membres répartis dans 18 établissements correctionnels à travers le Québec.
Mais ce qui l'inquiète tout autant, ce sont les accusations «souvent farfelues» portées par les prévenus contre les gardiens. «Ils font souvent des plaintes à outrance», lance-t-il.
Déontologie
Le problème est double, avance le président, puisqu'une fois la plainte déposée, il n'y a aucun cadre légal uniformisé pour analyser les allégations des prisonniers. «Nous, on verrait quelque chose qui ressemble au comité de déontologie des policiers», lance le président.
«On veut être soutenu dans l'exercice de nos fonctions, poursuit-il. Présentement, il y a une zone grise lors des interventions physiques. Quand ça brasse, la clientèle fait une plainte contre nous et c'est géré de façon différente d'un établissement à l'autre», dénonce-t-il.
Le syndicat avait demandé de régler la question dans une lettre d'entente jointe à la convention collective 2010-2015. «Nous sommes en 2014 et ce n'est toujours pas réglé», fait savoir M. Lemaire. Des discussions sont en cours, mais le syndicat songe à mobiliser ses troupes pour faire pression sur le ministère de la Sécurité publique.
Ce genre de «code» rendrait les agents plus à l'aise dans leurs fonctions, soutient-il, surtout lorsque sont nécessaires des interventions physiques. «Là, on prête flanc à toutes sortes d'accusations.»
À cinq mois de son départ de la présidence du syndicat, M. Lemaire en fait un de ses dossiers prioritaires.