Patrice Drouin est le président de Gestev, entreprise organisatrice du Sprint Québec de ski de fond, mais aussi du Red Bull Crashed Ice et du Big Air urbain de planche à neige. Il rêve de ski de fond au coeur de la Grosse Pomme ou encore de Boston.

La Ville de Québec dit encore non aux X Games

La Ville de Québec met une croix sur les X Games d'hiver pour la deuxième fois en moins de deux ans. Bien que déçue, l'entreprise Gestev accepte la décision de la Ville et se concentre maintenant sur une candidature des XGames d'été à Montréal pour 2014 à 2016.
Comme il l'avait fait une première fois en novembre 2011, le maire de Québec, Régis Labeaume, a de nouveau dit non au financement de cette compétition de sports extrêmes incluant la planche à neige, le ski et la motoneige.
Même raison invoquée: 10 millions$ d'argent public demandé par le réseau ESPN pour trois ans de présentation est trop cher. Trop cher, selon le maire, pour ce que les X Games rapportent de rayonnement pour la région.
Gestev souhaitait amener les X Games à Québec en 2015, en 2016 et en 2017.
«On aime mieux mettre 10 millions$ dans des projets qui permettent plus de rayonnement», a indiqué Régis Labeaume jeudi. La même somme peut être investie dans des compétitions moins dispendieuses, qui rapportent plus de visibilité à la capitale, estime-t-il.
«Quand on considère ce que nous coûte le ProTour [cyclisme] ou le ski de fond comme on a fait cette année, ça permet un plus grand rayonnement.»
Encore là, comme il l'avait avancé en 2011, le maire de Québec estime que les X Games s'adressent à un moins large public. «On en veut pour tous les goûts», a avancé le maire.
Sans déprécier cette compétition - «je ne dis pas que c'est pas bon», dit-il -, Régis Labeaume tient surtout à ce que Gestev ne continue pas à travailler pour rien. «Je veux qu'on soit clair, qu'il n'y ait pas d'attentes là-dessus.»
L'administration municipale avait jusqu'au 22 mars pour donner sa réponse.
La position de la Ville a toutefois été éventée par M. Labeaume, qui s'est en quelque sorte «échappé» en point de presse à l'issue d'une annonce de la Communauté métropolitaine en fin de journée jeudi. Gestev n'était alors pas encore au courant de la décision finale.
«Focus» sur Montréal
Après avoir été mis au fait de la déclaration de M. Labeaume par le cabinet du maire, le président et directeur de Gestev, Patrice Drouin, n'a pu qu'accepter la décision. «On avait fait notre présentation au secteur public il y a deux semaines. On était conscients que ça irait d'un bord ou de l'autre.»
Le montage financier prévoyait un tiers de fonds publics et deux tiers de fonds privés.
Même s'il ne cache pas sa déception, M. Drouin fait contre mauvaise fortune bon coeur. «Maintenant que la décision est défavorable, on focuse sur Montréal pour l'été», a-t-il expliqué. Plus encore, comme ESPN n'accordait qu'un événement au Canada, le refus de Québec donne en quelque sorte plus de chance à Montréal, a-t-il indiqué. «On croit au potentiel de ces jeux», a conclu M. Drouin.