Alexandre Bilodeau fait partie des athlètes soutenus par B2dix. Ce dernier s'est entraîné hier au parc Rosa Kuthor de Krasnaya Polyana, au nord de Sotchi.

La troisième vie de Dominick Gauthier

Il y a quatre ans jour pour jour, Dominick Gauthier ne tenait pas en place. Dans quelques heures, sa blonde allait remporter la médaille d'argent aux Jeux de Vancouver, et deux jours plus tard, son protégé Alexandre Bilodeau survolerait le parcours de Cypress Mountain pour mériter l'or. Après avoir atteint le sommet, difficile d'aller plus haut.
<p>Dominick Gauthier</p>
Aujourd'hui, l'olympien de Nagano (1998) est présent dans la ville olympique, mais il ne porte plus le titre d'entraîneur. Son passé lui permet d'être analyste à la télévision en ski acrobatique, mais il est surtout directeur de programme à B2dix, l'organisme qui soutient les athlètes pour qui le podium est accessible.
Dans le groupe des Jeux de 2014, on retrouve Bilodeau, son rival et ami Mikaël Kingsbury, le fondeur Alex Harvey, le skieur Érik Guay, la planchiste Dominique Maltais, le biathlète Jean-Philippe LeGuellec, le patineur artistique Patrick Chan, les as du courte piste Charles Hamelin, Olivier Jean, Marianne St-Gelais, entre autres. Bref, Gauthier n'a pas le temps de s'ennuyer.
«À chaque été de ma vie, c'est le moment qui me fait le plus tripper. J'étais plus fait pour être entraîneur qu'athlète, et j'aurais pu en faire une longue seconde carrière. Après avoir vécu une expérience phénoménale à Vancouver avec Alex et Jenn, je savais que je ne pouvais plus égaler ça. Présentement, je suis très heureux où je me trouve parce que je peux avoir un impact sur une quarantaine d'athlètes, et ce, dans des sports différents.»
À Londres, il était parti à la découverte des sports d'été, lui un spécialiste de l'hiver. À Sotchi, il n'est pas le représentant officiel de B2dix et ne prévoyait même pas s'y pointer, estimant qu'il aurait été plus facile de gérer les problèmes - s'il y en avait - à distance. Ce qu'il a fait avant de partir, en s'occupant notamment de rapatrier Dominique Maltais à Québec lorsqu'elle s'est blessée à un genou aux X-Games.
«Ici, les athlètes sont entourés des gens qu'ils ont besoin. On s'assure que peu importe ce qui pourrait arriver, un seul appel sera suffisant pour régler le problème s'il n'y a personne avec eux. Les 18 athlètes qui sont ici ont eu tout ce dont ils avaient besoin à 100% pour les Jeux. Là où l'on brille le plus, c'est de les remettre sur leurs pattes.»
Dans un milieu où les commandites privées sont difficiles à obtenir, les donateurs de B2dix deviennent très importants pour permettre aux athlètes de performer à la hauteur de leur potentiel. Ils leur offrent un support adapté à leurs besoins, comme du personnel médical, de l'équipement, un entraîneur... et même un motorisé pour l'équipe canadienne de ski de fond pendant le Tour de ski.
«Je comprends qu'on nous annonce souvent de belles nouvelles et que Marcel [Aubut] a le don de nous mettre ça beau, mais ce n'est pas toujours aussi rose qu'on le dit. Le Comité olympique canadien, ça va bien, mais il y a plusieurs fédérations qui en arrachent et qui vont avoir encore plus de difficultés financières dans le prochain cycle olympique. Notre mission est d'amener d'autres gens d'affaires à supporter nos athlètes d'une quelconque façon», dit le Lévisien avec franchise. 
B2dix serait-elle la voie de l'avenir? D'abord mis sur pied pour aider Jennifer Heil, le programme s'est étendu jusqu'aux Jeux de Vancouver, où l'on pensait fermer les livres. Mais voilà, les fonds permettront de poursuivre l'aventure jusqu'en 2020, soit une prolongation de quatre ans sur la dernière date d'échéance.
La troisième carrière de Dominick Gauthier sera plus longue que prévue, surtout qu'il vient d'en ajouter une autre, à vie celle-là, en tant que papa de Danik!
Après la compétition féminine impliquant les trois soeurs Dufour-Lapointe et Audrey Robichaud, aujourd'hui à compter de 9h (heure de Québec), le duel de lundi entre Bilodeau et Kingsbury sera fort relevé. Dans les 46 dernières courses «internationales», l'un ou l'autre a toujours grimpé sur le podium.
«Mikaël m'impressionne toujours par son calme. Alex, lui, on a vu qu'il était en mission depuis sa crise à Calgary. Il est rentré dans sa bulle et ça va être difficile de l'en faire sortir. Il va être dur à battre», dit-il à propos de celui qui défend son trône.