Jean-Thomas Jobin est loin d'avoir délaissé l'absurdité dans son dernier one-man show.

La thérapie absurde de Jean-Thomas Jobin

Après avoir soulevé des Corneliu dans son spectacle précédent, Jean-Thomas Jobin tente d'Apprendre à s'aimer dans son troisième one-man-show. Y parvient-il? «À la fin, mon personnage s'aime un peu plus, mais il reste encore du travail à faire», lance-t-il.
Sur son affiche particulièrement réussie, un mini Jean-Thomas Jobin enlace sa tête. Le concept est venu lors d'une séance photo au Séminaire Saint-François où le natif de Sainte-Foy a étudié et où il a écrit ses premières nouvelles absurdes pour le journal étudiant. Fière de sa vedette, l'école secondaire a affiché au mur plusieurs photos de Jobin. L'humoriste a embrassé sa propre face pour délirer.
Au même moment, dans les textes de son spectacle, une tendance se dessinait. Il laissait un peu tomber son personnage pour se dévoiler comme personne. «Mon personnage baisse un peu sa garde et je laisse entrevoir qui je suis moi», raconte l'humoriste. Il évoque un numéro dans lequel il parle de ses parents. «Ça reste mon imaginaire tordu, mais le mode complice avec le public est plus établi.»
La déconstruction du personnage n'est pas innocente. «Je veux faire connaître qui je suis tranquillement», dit-il. Mais pas de là à éliminer complètement son alter ego scénique. «C'est un compromis que j'aime. C'est le show le plus proche de moi et de ce qui me fait rire dans la vie.»
Toujours dans l'absurdité
Ses fans de la première heure (ses deux premiers spectacles ont attiré 85 000 personnes) ne seront pas déboussolés pour autant. Jean-Thomas Jobin est loin d'avoir délaissé l'absurdité.
À preuve, sa mise en scène. Cinq moutons (il faut voir le spectacle pour comprendre, semble-t-il) et des taches de Rorschach utilisées par les psychologues servent de décor à Apprendre à s'aimer. C'est sur ces images que commence sa «thérapie personnelle absurde» comme il la décrit. «La toile de fond est très ironique, explique-t-il. Je fais des parodies des conférences pop-psycho. Je fais comme si j'étais mon propre Jean-Marc Chaput et que mon surmoi me parle pendant le show et me donne des directives sur comment m'aimer plus. C'est un prétexte pour faire des blagues.»
Jean-Thomas Jobin utilise également beaucoup le processus de transposition, se demandant ce qu'il ferait s'il se retrouvait dans un avion en péril ou s'il se réveillait après 11 ans de coma.
Projet télé
Pendant les deux années et demie qui se sont écoulées depuis la fin de sa dernière tournée, Jean-Thomas Jobin a planché sur son nouveau spectacle et a écrit et joué dans la série Web Père poule, dans laquelle il apparaît avec sa «fausse fille» Marie-Miel. Jobin a travaillé sur une série télé basée sur Père poule, mais elle n'a jamais vu le jour.
Il écrit présentement l'ébauche d'une sitcom avec Dominic Paquet et Adib Alkhalidey, inspirée des publicités de Mise-O-Jeu qu'ils font ensemble. En espérant que cette fois son écriture sera portée au petit écran.
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Qui : Jean-Thomas Jobin
Quoi : Apprendre à s'aimer
Où : salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre
Quand : mercredi et le 16 avril, 20h
Billets : 30 $, 36,50 $
Info : 418 643-8131