Déjà, en 1977, Stieg Larsson avait écrit une lettre d'adieu à sa femme Eva Gabrielsson qu'elle a lue après sa mort en 2004.

La Terre est plate et, d'ailleurs, elle se refroidit

Dans une décision rendue cette semaine à propos de certains animateurs de CHOI Radio X, le Conseil de presse nous a appris qu'il retenait les «plaintes de ton et propos irrespectueux et méprisants» déposées à l'endroit des animateurs Denis Gravel et Jérôme Landry dans Le show du matin. Outre le fait qu'il s'agit là d'une décision scandaleuse qui s'attaque de front à la valeur de liberté d'expression qui fonde nos sociétés évoluées, il ne serait pas surprenant que ce ne soit pas la dernière. D'ailleurs, cette semaine la station soeur montréalaise de CHOI diffusait une entrevue qui sera sûrement elle aussi bêtement critiquée.
L'interview, réalisée avec Reynald Du Berger, un expert en sismologie et climato-sceptique avoué, nous apprend, selon CHOI, «que le réchauffement planétaire est une fausseté». Ce serait «plutôt le contraire, la température globale tend à se refroidir». Et puisque l'écrasant consensus scientifique mondial sur la question est clairement un complot franc-maçon, on remercie M. Duberger, qui «identifie aussi différents mythes propagés par des climatologues alarmistes».
Avant que les forces obscures ne réussissent à fermer de tels médias, on ne saurait trop leur recommander d'interviewer le plus rapidement possible Daniel Shenton, président de la Société de la Terre plate, un organisme qui contribue lui aussi à la diversité des points de vue si essentiels dans notre monde à la pensée aussi monolithique.
The Flat Earth Society soutient, vous l'aurez compris, que la Terre est aussi plate qu'au temps de Pépin le Bref. Son président a un compte Twitter absolument sous-estimé (@DanielShenton) en plus de tenir un site Web rien de moins que magnifique, calqué sur le modèle de Wikipédia : The Flat Earth wiki. Une référence où l'on apprend des choses que les grands médias nous cachent, comme cette vaste escroquerie que constitue la croyance dans les missions spatiales.
Sur Flat Earth wiki, on répond même aux questions posées par les crédules du monde entier qui se demandent, par exemple, ce qu'il faut penser des satellites. Réponse? «Puisque les vols spatiaux sont impossibles, les satellites ne peuvent orbiter autour de la Terre.» Au moins vous ne pourrez pas dire que cette chronique essaie de vous induire en erreur, car, ici aussi, nous croyons à la liberté.
La lettre d'adieu de Stieg Larsson
Dans le registre «malgré tout, des fois, Internet, c'est beau quand même», le site Letters of Note fait figure de référence. Un site tout simple où un commissaire, Shaun Usher (aucun lien de parenté avec l'ex-chanteur de Moist), met en ligne des perles du monde épistolaire.
Cette semaine n'y fait pas exception, avec une touchante lettre d'adieu provenant de l'auteur de la série Millénium, Stieg Larsson. Une lettre écrite en 1977 à sa femme Eva Gabrielsson, et qu'elle découvrit peu de temps après sa mort en 2004.
En voici quelques extraits (traduction libre). Attention, touchant devant.
«D'une manière ou d'une autre, la fin nous guette. C'est une des vérités les plus fascinantes de l'univers. Les étoiles meurent, les galaxies meurent, et nous aussi. Je n'ai jamais été croyant, mais le jour où j'ai commencé à m'intéresser à l'astronomie, je crois que j'ai arrêté d'avoir peur de la mort. [...] Je viens de te parler au téléphone, j'ai en tête le son de ta voix, je t'imagine devant moi, un souvenir impérissable que je garderai jusqu'à la fin. En ce moment même, pendant que tu lis ça, tu sais que je suis mort. [...] Même si c'est difficile à concevoir, la douleur s'effacera avec le temps. Va en paix, mon bel amour. Vis, aime, hais et continue à te battre. [...] Redresse-toi, tiens-toi droite, d'accord? Prends soin de toi, va te faire un café. C'est fini. Merci pour tout ce temps passé ensemble. Tu m'as rendu heureux. Adieu.»
Quand les moines sacraient (dans le texte)
Jérôme Minière chantait naguère «la jeunesse est vieille comme le monde». Ce n'est pas peu dire que chaque génération aime toujours croire qu'elle vient d'inventer le Shticky, et c'est d'ailleurs pourquoi la connaissance de l'histoire est toujours assez pratique. Pas l'Histoire avec un grand H, mais bien la petite, celle qui se passe dans les marges, littéralement.
Le blogue du magazine américain Lapham's Quarterly a mis en ligne cette semaine un article surprenant traitant de ces générations de copistes par qui la littérature médiévale nous est parvenue. Et si vous pensiez que l'hypertexte ou encore l'absence de linéarité dans l'acte de lecture est une invention moderne, on nous apprend que les augustes moines médiévaux se laissaient aller la plume dans leurs marges enluminées.
À preuve? Ce commentaire à côté d'un texte sacré : «Maintenant que j'ai terminé, pour l'amour de Dieu, qu'on me donne un verre!»
Autre manie dûment répertoriée? Les dessins salaces. On apprend que dans un missel de 1323 enluminé par Petrus de Raimbeaucourt (ce qui, avouons-le, est un nom plutôt classe), le copiste se dessine lui-même dans les marges harassé par des singes dont certains lui montrent... leur postérieur. Cette mise en abyme graphique est d'ailleurs surmontée d'un commentaire en latin dont la traduction donne : «quel livre de c...»
Un des spécialistes de cette fascinante discipline, la marginalia, Michael Camille, explique par ailleurs que dans un monde où on ne rigolait pas avec le sacré, ces commentaires, ces digressions étaient tout à fait «normaux». «Le travestissement, la profanation et le sacrilège sont essentiels à la perpétuation du sacré dans la société.» Une lecture qui donne le goût de se précipiter dans une abbaye près de chez soi.