Benoit Bourgeois a été retrouvé mort samedi après-midi dans un étang privé à Charlevoix

La témérité responsable du décès d'un plongeur dans Charlevoix

L'absence de mesure de sécurité, l'utilisation de matériel désuet et dangereux et la témérité ont causé le décès de Benoit Bourgeois, un plongeur expérimenté, retrouvé sans vie dans un plan d'eau des Éboulements en avril 2013.
Ce sont les pistes retenues par la Sûreté du Québec, et reprises par le coroner Jean-Marc Picard, dans un rapport rendu public, mardi. Le 26 avril, M. Bourgeois, 40 ans, se rend seul jusqu'à un étang situé à Cap-aux-Oies, dans la municipalité des Éboulements dans Charlevoix. Il s'y rendait pour tester du matériel de plongée ancien qu'il voulait présenter à des confrères de plongée à Rimouski.
L'enquête de la SQ a permis d'apprendre que M. Bourgeois n'avait jamais plongé à Cap-aux-Oies et que, selon sa conjointe, il n'avait plongé qu'une seule fois en solo auparavant. De plus, il n'a pas prévenu qu'il partait en plongée et il n'avait jamais plongé de nuit malgré qu'il était certifié pour ce type de plongée. Il était toutefois capable de plonger sous la glace. Le détendeur principal (appareil de respiration) avait été remonté par son conjoint et il ne l'avait jamais utilisé, note encore le rapport.
L'expertise de l'équipement révèle que la majorité des pièces utilisées n'étaient plus adéquates pour pratiquer la plongée sportive d'aujourd'hui. Certaines présentaient des troubles majeurs.
D'après les informations recueillies, le coroner Picard émet une hypothèse qui lui semble la plus plausible. «M. Benoit Bourgeois est entré dans la mare [d'au maximum deux mètres de profond] alors qu'une couche de glace était présente et en voie d'expansion. Il est seul et il n'a aucun dispositif lui permettant de revenir à son point de départ [fil d'Ariane]. Alors qu'il est sous le couvert de glace, le cylindre principal se retrouve vide. Contrairement aux équipements actuels, l'arrivée d'air a coupé soudainement et complètement. M. Benoit Bourgeois a possiblement tenté d'utiliser le détendeur du cylindre de secours, mais il n'était pas fonctionnel pour y puiser l'air nécessaire.»
Un passionné
«Homme libre, toujours tu chériras la mer.» La citation de Baudelaire était la devise du plongeur, selon son profil Facebook. Il avait même inscrit sur le réseau social qu'il vivait «par et pour la mer!» «J'ai probablement de l'eau salée qui me coule dans les veines! :)», précisait-il.
Benoit Bourgeois était architecte naval pour le Groupe Océan depuis moins d'un an au moment de l'accident. Dans ses temps libres, il dirigeait les plongées de l'équipe de chasseurs d'épaves du jeune historien Samuel Côté, connu pour ses découvertes dans le fleuve Saint-Laurent. Les deux hommes étaient au coeur d'une série télévisée qui sera présentée dès le 26 août sur Historia. Malheureusement, M. Bourgeois est décédé avant le début des tournages.
Lors d'une entrevue avec Le Soleil l'an passé, M. Côté avait décrit son ami comme un plongeur «expérimenté et respecté» qui «calculait tout, était très minutieux et très prudent».