Au moment où la technologie fait de plus en plus partie de la pratique même des activités de plein air, il importe de se questionner sur la place qu'on veut qu'elle prenne.

La techno débarque en nature

Lancée cet automne, l'initiative laissait songeur. Parcs Québec venait de présenter son nouvel outil branché Parc Parcours. À l'aide de la technologie, on espérait renouveler l'expérience en nature. Tandis que l'iPhone et l'iPod s'invitaient dans le sac à dos, on ne pouvait que se demander si une frontière ne venait pas d'être franchie. Est-il pensable de se brancher... pour mieux décrocher en plein air?
Quelques semaines après l'annonce, j'étais en marche avec un ami sur le sentier des Loups, dans le parc national de la Jacques-Cartier, l'un des trois endroits dans la province où Parc Parcours (parcparcours.com) est implanté jusqu'à maintenant. Nous étions curieux de voir de quoi il en retournait. Mon iPhone à la main, je m'attendais presque à tomber sur un réseau Wi-Fi au détour du sentier. Technophile, une partie de moi appréciait l'idée et les possibilités interactives qui se profilaient à l'horizon, tandis que l'autre s'inquiétait de perdre cette tranquillité si appréciée, loin des «bruits» de la modernité.
Car au moment où la technologie est implantée toujours plus loin dans la pratique même des activités de plein air, il faut se questionner. Surtout quand on sait que les Québécois se «déconnectent» de moins en moins en vacances, comme le soulignait une étude du Réseau de veille en tourisme, publiée en octobre dernier. Un phénomène que l'on devine plutôt généralisé, là où les téléphones intelligents et les tablettes font partie du quotidien.
À preuve, plus tôt cette semaine, la station de ski Vail, au Colorado, a annoncé la future mise en place d'une nouvelle télécabine pour célébrer l'an prochain son 50e anniversaire. À bord, les skieurs pourront notamment profiter... d'un réseau Internet sans fil gratuit!
Puis, il y a eu ce débat soulevé par un récent texte du New York Times. Alors que des grimpeurs professionnels profitent de Facebook et de Twitter pour décrire en détail et en direct leurs périlleuses ascensions, on se demandait si le fait de raconter l'expérience en cours n'enlevait pas quelque chose au fait de la vivre, tout simplement. Un grimpeur interrogé s'inquiétait d'ailleurs des risques de vouloir impressionner un public virtuel qui d'ordinaire est absent, dans un sport où les dangers sont, eux, bien réels.
Pour un autre athlète, nous som­mes rendus là et le contact avec les internautes ajoute à l'expérience. Au plus grand bonheur des commanditaires, doit-on ajouter...
Sur le sentier des Loups, la présence de la techno se fait finalement discrète. Le long du parcours, cinq poteaux numérotés marquent l'endroit où l'on peut se référer à notre compagnon électronique. Mais il n'y a pas de connectivité directe. Notre appareil remplace simplement un panneau d'information.
Remarquer de subtils détails
Une occasion de remarquer des détails subtils dans un secteur où l'on aurait porté peu d'attention autrement. Une idée intéressante pour gommer les temps morts d'un parcours, où la nature se fait moins spectaculaire.
Mais aurait-on pu en faire plus?
Au bout du fil, Martin Soucy, vice-président à l'exploitation à Parcs Québec, est enthousiaste. Il parle de l'aventure de Parc Parcours avec fierté. Un projet rassembleur, développé à l'interne en moins de 28 mois. Il assure que ce n'est qu'un début.
D'ici 2014, c'est d'ailleurs l'ensemble du réseau qui sera couvert par l'outil Web de planification et de découverte. Là encore, en nature, l'iPod et l'iPhone - prêtés gratuitement au besoin - serviront de «compagnons» de visite.
Rallyes ludiques ou géocaches à découvrir, l'ajout de contenu est quasi infini maintenant que la base de l'application est réalisée, décrit Martin Soucy. D'autres langues? Ce n'est qu'une question de temps. La géolocalisation pourrait aussi être ajoutée pour éliminer les panneaux numérotés. Puis, une version pour plateforme Android serait lancée au retour des Fêtes.
La seule limite? Ne jamais interférer entre l'humain et la nature, insiste Martin Soucy. Voilà pourquoi il a été contre l'utilisation d'écouteurs et que la réalité augmentée, ce procédé qui permet de jumeler dans une application l'appareil photo du téléphone intelligent à du contenu d'Internet pour donner à l'écran les détails sur ce qui nous entoure, n'est pas dans les plans.
Au retour, en redescendant le sentier, une surprise nous attendait. Alors que l'on discutait de nos observations de la journée, mon esprit n'a pas immédiatement enregistré ce qui se trouvait soudainement juste devant nous, à une vingtaine de mètres.
Un jeune orignal bloquait le passage! Après un bon quart d'heure à se laisser contempler d'aussi près, il est reparti, mais non sans avoir fait notre journée.
Et pour ça, toute la techno de la Terre n'avait rien à y voir.
Suggestions branchées pour les Fêtes
Jusqu'au bout des doigts!
Désormais bien conscients de l'attrait de la technologie chez les sportifs, les fabricants d'équipement et d'accessoires innovent continuellement pour vous rendre la vie plus techno... même sous zéro! Le gant Sensor d'Outdoor Research en est le parfait exemple. Alors que l'usage des écrans tactiles se multiplie, le Sensor permet de manipuler les appareils sans avoir à enlever ses gants. La paume en cuir en apparence bien normale bénéficie de l'innovation TouchTec. Grâce à la nanotechnologie, le toucher du gant imite à la perfection celui des doigts pour faire réagir l'écran. Et ça marche parfaitement! Magique! Prix : 70 $. Info : outdoorresearch.com
Fidèle compagnon... pour moins d'un dollar
Voilà un cadeau qui plaira à Noël... surtout qu'il ne coûte pas cher! Destinée aux propriétaires de téléphones intelligents iPhone ou Android, l'application Garmin Fit transforme ces appareils mobiles en un capteur GPS pour le vélo, la course à pied et la marche (ou la randonnée). Simple d'utilisation, l'application mesure notamment le temps, la distance parcourue et la vitesse (vélo) ou l'allure (marche et course). La sortie est affichée sur une carte et les données se conservent et se partagent aisément sur le Web grâce au site de la communauté Garmin Connect (connect.garmin.com). Grâce à un capteur vendu séparément (50 $), il est aussi possible d'ajouter des fonctions au iPhone, comme la mesure de la fréquence cardiaque. Prix : 0,99 $