Le maire de Montréal, Denis Coderre

La solidarité de Coderre, un «devoir moral», dit Labeaume

Les maires de Québec et de Montréal ont «le devoir moral» d'être solidaires dans leurs grands projets, a affirmé Régis Labeaume au lendemain des propos de Denis Coderre sur les Olympiques. Des affirmations que le maire de Québec n'avait toujours pas digérées mercredi.
«Les deux maires des plus grosses villes du Québec, on essaye de faire front commun pour faire avancer les affaires», a dit M. Labeaume mercredi.
«Je pense qu'on a un devoir moral de continuer à être solidaires. Mais il faut que ça s'entretienne, cette affaire-là. Et tu ne peux pas avoir de petits coups dans les coins. Ce bout-là, je ne l'ai pas digéré, c'est tout», a poursuivi M. Labeaume, qui revenait sur sa réaction de la veille aux propos du maire de Montréal. 
Mardi, M. Labeaume avait qualifié de «cheap» le fait que Denis Coderre dise avoir été courtisé pour les Jeux olympiques d'hiver, mais qu'il avait décliné, préférant se consacrer au retour du baseball à Montréal et parce que les Jeux coûtaient trop cher. 
M. Labeaume a perçu dans ces propos une certaine condescendance et un manque de considération pour l'éventuelle aventure olympique de Québec pour 2026.
«C'est une question d'attitude. Quand tu es partenaire, tu ne peux l'être à moitié quand l'autre fait des démarches. J'ai toujours dit que le baseball à Montréal, c'était bon pour le Québec, la Formule 1, c'est bon pour le Québec, le tennis, c'est bon pour le Québec», a énuméré M. Labeaume, qui en souhaiterait autant de son homologue montréalais.
«Alors, je n'accepte pas qu'on réagisse à notre projet de cette façon-là. On ne peut pas être partenaires juste quand ça nous tente et lorsque notre ego est moins atteint», a lancé M. Labeaume.
«Et dites-vous bien que si quelqu'un avait sollicité Montréal, on le saurait. On sait tout, et ils n'ont pas été sollicités», a tranché le maire de Québec qui a dit mercredi ne pas être tout à fait «dépompé». «Je tourne la page, je vais mettre ça derrière moi, mais je ne voudrais pas que ça recommence.»
Les Nordiques d'abord
Du côté de l'opposition à l'hôtel de ville, le chef Paul Shoiry a pour sa part trouvé sages les propos de Denis Coderre. «Je suis d'accord avec le maire de Montréal. Les Olympiques, c'est trop cher. On n'a pas besoin de ça à Québec», a-t-il tranché dans une pointe à l'autre grand projet sportif pour la capitale.
«Moi, j'aimerais ça que le maire de Québec travaille à ramener les Nordiques comme le maire de Montréal travaille à ramener les Expos. Qu'il remplisse sa promesse de 2009 et qu'il ramène les Nordiques.»
Les Nordiques avant les Olympiques, donc? «Définitivement», a répondu M. Shoiry. «Et la population de Québec, je pense que c'est ce qu'elle veut.»