L'arrivée du magnat de la presse Pierre-Karl Péladeau comme candidat du PQ s'impose comme le fait saillant de la semaine.

La semaine électorale décortiquée

Jean-Herman Guay, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke
Philippe Couillard
Le plus: Le fait que M. Péladeau ait ramené la souveraineté à l'avant-scène joue en leur faveur. Ça leur permet de ramener leur cheval de bataille référendaire avec encore plus de crédibilité qu'au début de la campagne, parce qu'il y a des preuves tangibles qu'il y a un référendum à l'agenda du PQ.
Le moins: Je n'ai pas vraiment vu de mauvais coup pour les libéraux cette semaine.
François Legault
Le plus: Leur point de presse de cette semaine à Québec, où ils ont dit oui à certains projets régionaux (comme l'élargissement d'Henri-IV, par exemple), mais non à d'autres (comme l'anneau de glace), ça peut avoir des effets positifs, mais François Legault lui aussi joue à quitte ou double.
Le moins: Si la campagne se polarise entre souverainistes et fédéralistes, la CAQ risque de se retrouver nulle part entre les deux et d'en être la principale victime. Ils jouent leur avenir.
Pauline Marois
Le plus: L'arrivée de Pierre Karl Péladeau est une carte maîtresse en économie. Le PQ joue à quitte ou double, mais l'électorat est tellement volatil que cet homme d'affaires emblématique et qui a une certaine aisance avec les gens pourrait provoquer un ralliement au centre.
Le moins:  Mais il pourrait tout autant faire perdre des votes au PQ sur sa gauche au profit de QS, et il n'est pas certain que les gains éventuels au centre et à droite compenseront, si on se fie au sondage FM93 [qui place le PLQ premier à Québec]. Il y a à peine deux ans, Pauline Marois portait le carré rouge. Il y a là-dedans une dissonance qui pourrait se retourner contre le PQ.
Françoise David
Le plus: L'arrivée de M. Péladeau leur donne le champ libre à gauche. Leur cochef Françoise David a d'ailleurs été la première à jouer cette carte-là, en rappelant les nombreux lock-out des dernières années chez Québecor.
Le moins: Le parallèle qu'a fait l'autre cochef, Amir Khadir, entre M. Péladeau et l'ayatollah Khomeini était grandement exagéré.