À La Scala, on pratique une restauration éprouvée de style «vieille école». C'est pareil pour le décor. Il n'est peut-être pas au goût du jour, mais au bout du compte, il importe peu. C'est plutôt la qualité de l'accueil et le savoir-être de l'équipe en salle que l'on retient.

La Scala: opération charme

Après Saveurs de l'Inde la semaine dernière, j'enchaîne avec La Scala, une autre adresse dans la catégorie Les tables dont je n'ai pas parlé depuis plus de cinq ans.
Si ce n'était d'un souper initié par la parentèle de l'homme, j'avoue que je n'y aurais pas songé spontanément. J'étais passée à La Scala il y a quelques années déjà pour manger de la pizza. L'établissement du boulevard René-Lévesque la cuit dans un four à bois (qui chauffe aussi à blanc les deux étages). C'était plutôt réussi. Nous y revoilà un samedi soir au sein d'un groupe de près de 20 personnes et dans un restaurant pratiquement plein. Un bon test pour évaluer le service qui, tout au long de la soirée, se révélera efficace, droit et chaleureux.
C'est justement la signature de La Scala : le service en plus de la musique et du chant. Car du mercredi au samedi, une pianiste s'exécute pratiquement en continu. Que dire de son répertoire?
De Michel Legrand à Metallica! Le chant, lui, dépend de la réceptivité de la salle. Le soir de notre passage, les gens en redemandaient charmés par Marc-Antoine Munoz, jeune propriétaire de la trattoria, qui allait d'un étage à l'autre pour ne pas faire de jaloux, de jalouses, devrais-je écrire.
M. Munoz sait s'y prendre pour s'allier sa clientèle. Habile, je l'ai vu se retourner sur un 10 sous pour régler un différend sur le vin servi à nos trois tables avec Louise, la GO de notre groupe. Il l'a mise dans sa petite poche en lui chantant Il suffirait de presque rien de Serge Reggiani; 1-0 pour lui! On appelle ça du service client. En mission «consolidation», il reviendra lui chanter la pomme.
En piquant une feuille de frisée dans ma verdurette tiède aux champignons, je réfléchis au positionnement de ce restaurant. J'ai une pensée pour Le Parmesan et La Perla. À La Scala, on pratique, à l'instar de ces adresses, une restauration éprouvée de style «vieille école». C'est pareil pour le décor. Oubliez le design milanais actuel. Pensez plutôt à toutes les images d'Épinal en provenance d'Italie; un plâtre de sylphide aux seins fermes, une reproduction de la Scala de Milan un soir d'opéra... Tout y est. Et savez-vous quoi? Ça marche, ce charme suranné. Moi qui suis assez mauvais public - je n'hésite pas à me «cacher» aux toilettes pour éviter le chant de bonne fête avec le gâteau armé d'un pétard dégoupillé -, j'admets qu'une énergie contagieuse se dégage de cet «opéra-bouffe».
Revenons à table maintenant. D'un point de vue qualitatif, j'évalue que j'ai très bien mangé compte tenu de la fourchette de prix. Un repas du soir à 60 $ à deux (sans le vin) est ce que je considère une bonne affaire. Si je reviens à ma salade, elle se compose d'un panaché de feuilles croquantes (des amères, des plus sucrées) et la poêlée de champignons qui y prend le frais est variée.
Les gnocchis de l'homme (entrée) fondent dans la bouche. Ces minuscules «beignets» en rien farineux s'avèrent aussi moelleux que de la mie de pain. Une sauce Puttanesca, c'est-à-dire à base de tomates, de câpres, d'olives et d'anchois, leur donne de l'ardeur, eux qui, natures, se montrent «neutres».
J'avais envie de pâtes et celles à la papalina regroupent des ingrédients gagnants. Des pâtes à la crème sont toujours un gage de velours pour les papilles. Les miennes, des linguines (au lieu des fettucines indiqués dans le menu) s'enrobent de la sauce additionnée de vin blanc. Du prosciutto coupe le côté gras du nappage et des champignons agissent à titre de garniture élémentaire. C'est ce que je recherchais, sauf que j'inverserais «les rôles» : plus de jambon moins de champignons. Autre point, le ratio garniture-pâtes est à l'avantage des condiments. Un peu plus de pâtes permettraient de bien nettoyer l'assiette.
Décidément, notre couple est champignons. L'homme y va pour l'escalope al funghi. Poudrée de farine, le veau est tendre et gardé au chaud grâce à une sauce onctueuse émaillée de champignons. C'est bien fait selon la tradition et on n'a pas lésiné sur la crème. Des pennes sauce tomate - idéalement une pâte à l'huile d'olive ou au beurre - complètent l'assiette avec des légumes vapeur, des figurants sans valeur ajoutée. Mentionnons que les pâtes sont toutes cuites al dente.
On finit le repas sur une cuillerée de tiramisu ultrafrais et à l'amertume de café contrôlée. Ça y est, j'ai envie de Rome!
<p>Poêlée de ris de veau au caramel d'épices et champignons</p>
Au menu
La Scala
31, boulevard René-Lévesque, Québec; Tél. : 418 525-4545
- Cuisine italienne
- Ouvert tous les jours
- Bouteille de vin à compter de : 29,90 $
- Menu du jour (lundi au vendredi) de 13,95 $ à 22,95 $
- Table d'hôte du soir de 24,95 $ à 42,95 $
- Entrée de 7,95 $ à 14,95 $
- Pâtes de 11,95 $ à 22,95 $
- Pizza de 12,50 $ à 18,95 $
- Veau et spécialités de 21,95 $ à 39,95 $ (pour l'assiette de fruits de mer)
- Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 59,80 $ (incluant deux entrées et deux plats à la carte)
- Stationnement : dans la rue et service de valet en soirée
- On aime : l'entregent du personnel, des prix très corrects et un rendu à l'assiette sans surprise ni déception.
- On n'aime pas : la corbeille de pain «industrielle» et certains excès de garnitures. Je pense aux champignons dans mes pâtes.