La santé et la sécurité du travail au coeur des priorités

À l'occasion du 8e Forum santé et sécurité du travail qui aura lieu le mercredi 7 mai au Centre des congrès de Québec, Le Soleil saisit l'occasion pour rappeler le rôle que joue la Commission de la santé et sécurité du travail au Québec. Depuis plus de 30 ans, l'institution mise sur la prévention pour éviter les accidents de travail dans tous les secteurs d'activité.
Bien du chemin a été parcouru depuis l'adoption de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) en 1979 au Québec et la création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) l'année suivante. Par-dessus tout, un changement s'est opéré dans la mentalité des Québécois.
«Le Québec s'est doté d'une loi, s'est préoccupé, s'est sensibilisé, et la SST [santé et sécurité du travail] est devenue à travers la syndicalisation, les comités paritaires, les patrons plus sensibilisés une valeur importante et parfois suprême. Le Québec est devenu exemplaire en cette matière», se réjouit Serge Bouchard, anthropologue de formation et consultant dans le monde du travail. Lui qui a fait sa thèse de doctorat sur les camionneurs au long cours rappelle que dans les années 30 et 40 au Québec, certaines conditions de travail étaient inhumaines. Aujourd'hui, «il n'y a pas un profit qui justifierait que 500 travailleurs meurent», ajoute-t-il pour illustrer la gravité de la situation à l'époque.
Bien implantée
La CSST est maintenant une institution bien implantée, financée par les cotisations de tous les employeurs dans la province. À travers des comités de santé et de sécurité du travail et des associations sectorielles paritaires (ASP) représentant chaque secteur d'activité, elle vise à prévenir les accidents au travail et à indemniser les travailleurs qui en sont victimes. En 2013, plus de 80 000 personnes ont été victimes d'un accident de travail et184 travailleurs sont morts d'un accident ou à la suite d'une maladie professionnelle. «La SST est une partie qui n'est jamais gagnée au Québec parce que toute action humaine est à risque», regrette Serge Bouchard. Cependant, la situation s'améliore d'année en année.
Marie Langis, directrice du partenariat à la CSST fait de la prévention auprès des jeunes à travers le Plan d'action jeunesse, mis en place à partir de 2001, et qui se décline en trois volets: éducation, formation et intégration au travail dans tous les paliers du système d'éducation notamment dans la formation professionnelle et technique. «Les premières personnes qu'on devrait sensibiliser si on veut diminuer les accidents de travail et même les éliminer un jour, ce sont les jeunes».
Lésions à la baisse
Entre 2003 et 2012, le nombre de lésions, incluant les blessures et les maladies, a été réduit de 48 % chez les moins de 24 ans. Ce nombre demeure élevé et on compte encore des décès chaque année. En 2013, six jeunes sont morts à la suite d'un accident de travail. Une minute de silence a d'ailleurs été observée le lundi28 avril à l'occasion du Jour de deuil en hommage aux travailleurs qui ont perdu la vie ou qui ont été blessés au cours de la dernière année.
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La CSST en chiffres
184: ombre de personnes mortes en 2013 à la suite d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle
12 000: nombre de blessures ou de maladies causées par un accident de travail en 2012 chez les 15-24 ans
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Forum santé et sécurité du travail
Le 8e Forum santé et sécurité du travail se tiendra le 7 mai au Centre des congrès de Québec. Adressé autant aux employeurs qu'aux travailleurs, il réunira 90 exposants et proposera 18 conférences traitant de la prévention en différents volets, de la gestion sécuritaire de l'amiante aux troubles musculosquelettiques. La veille, soit le mardi 6 mai, aura lieu le Gala national des Grands Prix santé et sécurité du travail pour récompenser les lauréats nationaux dans les catégories Innovation et Leader.