Le Mexicain Javier Sanchez est l'une des têtes d'affiche à l'Omnium du Québec. En carrière, le golfeur de 55 ans a notamment participé à cinq reprises à l'Omnium des États-Unis.

La ronde de rêve de Sanchez

L'aller et le retour n'ont plus la même signification pour Javier Sanchez. Aujourd'hui, l'homme de 55 ans s'offre de rondes de golf dans des tournois à travers l'Amérique; vendredi, l'enfant de Taistan devait se taper une randonnée de 90 minutes à dos de cheval pour se rendre à l'école et revenir à la maison sans électricité dans les montagnes mexicaines.
Sanchez est l'une des principales têtes d'affiche à l'Omnium du Québec Promutuel Assurance, en fin de semaine, au Golf de La Faune. Le parcours de sa vie est plus long qu'une simple ronde de 18 trous!
«Avant de quitter le Mexique, à 17 ans, je n'avais jamais joué au golf», affirme le golfeur qui a découvert ce sport après avoir été concierge dans un hôtel et plongeur dans un restaurant à son arrivée aux États-Unis, où il était entré illégalement en achetant une carte verte sur le marché noir au coût de 50$. À deux reprises, les autorités l'ont retourné au Mexique, mais la troisième tentative fut la bonne pour celui qui habite désormais au Missouri.
«Je n'ai pas de carte verte, mais j'ai ma nationalité américaine», dira fièrement le joueur professionnel.
Sanchez a participé à cinq reprises à l'Omnium des États-Unis, dont quatre fois de suite après avoir franchi les qualifications. «On m'a dit que j'étais le seul à avoir réussi cela, à l'exception des joueurs réguliers de la PGA», indiquait-il à l'occasion d'une rencontre à bord de la roulotte médiatique de l'Omnium du Québec.
Il a aussi pris le départ de trois Omniums des États-Unis seniors, et l'an dernier, il a tenté sa chance à l'Omnium britannique senior, ratant sa place dans le tableau principal par un coup.
«Je pense encore y retourner, cette année. Pour l'Omnium des États-Unis, il est tellement difficile de se qualifier ne serait-ce qu'une seule fois, que je me considère privilégié de l'avoir fait quatre fois de suite. Il y en a qui s'essaie toute leur vie sans y parvenir», notait celui qui jouait au sein du même trio que Dave Lévesque depuis deux jours.
Vendredi, il a roulé deux sous la normale (70) pour un cumulatif de -4 (140). Il est à trois coups de Lévesque, seul en tête. «Je vais lui payer quelques bières ce soir... Il faut le chasser, on sera quatre contre un pour le faire», rigolait le vétéran.
Si son sac de golf pouvait parler, Sanchez raconterait sa ronde d'exercice avec Lee Trevino, le joyeux Mexicain de la PGA. «Nous avions joué neuf trous ensemble à San Antonio. Il m'avait laissé son numéro de téléphone. "À chaque fois que tu viens à Dallas, appelle-moi", m'avait-il dit. Il était vraiment charmant. Il avait des bâtons hybrides, il frappait très bien. J'en ai trois, maintenant...»
Rencontres marquantes
Mais ce qui a vraiment marqué sa carrière, c'est cette ronde d'exercice avec trois gros noms de la discipline, en 1994, en marge de l'Omnium des États-Unis. Il avait inscrit son nom pour être jumelé au légendaire Severiano Ballesteros, double vainqueur du veston vert. En le voyant dans le vestiaire, il s'était présenté au regretté golfeur espagnol, mort d'une tumeur maligne au cerveau le 7 mai 2011.
«"Bonjour Javier, j'ai entendu parler de toi", qu'il m'avait dit. Ça m'avait touché. J'ai finalement joué une ronde avec lui, Jose Maria Olazabal, qui avait remporté le Tournoi des maîtres cette année-là, et Costantino Rocca. Ça avait été une très belle expérience. J'avais rêvé à ce jour... Le décès de Seve a été une grande perte pour le golf, j'ai été béni de jouer une fois avec lui.»
Lévesque à l'aise comme meneur
«On dit qu'il est plus facile de chasser, mais avec le temps, j'ai appris à gagner de toutes les manières, alors je n'ai plus peur d'avoir des coups d'avance», indiquait Dave Lévesque, qui trône toujours au sommet du classement de l'Omnium du Québec Promutuel Assurance présenté par Golf de la Faune.
Lévesque a joué 69 (-3), vendredi après-midi, et présente un cumulatif de -7 (140) après les deux premières rondes. Il détient une avance de trois coups sur Conor O'Shea, Bryn Parry et Javier Sanchez, tous installés en deuxième position à -4.
«Je suis le meneur par trois coups, alors oui, je suis satisfait même si je n'ai pas été le seul à avoir eu de la misère à négocier avec les verts. En général, j'ai bien frappé, tout est sous contrôle. J'aimerais être à -10, mais à -7, c'est quand même bon. Mon but est de continuer à creuser l'écart demain [aujourd'hui], bien que le vent pourrait être un facteur. Je suis un météorologue dans l'âme, je prévois beaucoup de vent à cause de l'ouragan, alors il faudra attacher sa tuque», disait Lévesque qui s'élancera dans le dernier trio à midi.
O'Shea (photo), qui partageait le sommet avec lui après la première des quatre rondes, sera l'un des chasseurs. Il aurait pu s'approcher encore plus de la tête, mais il a vécu une catastrophe avec un quadruple bogey au 10e trou, ce qui ne l'a pas empêché de rouler la normale (72).
«J'ai envoyé mes deux premières balles au départ chez les voisins. J'ai joué 17 bons trous et un complètement ridicule. J'aurais aimé faire mieux, mais j'aurais aussi pu jouer un million à cause du 10e», disait le Torontois en riant de sa mésaventure.
Bryn Parry, un ami de Lévesque depuis le xircuit canadien, a scoré 69 (-3) lui aussi. «Notre objectif est de rattraper Dave. Je pense qu'un joueur pourra rouler 64 et j'espère que ce sera moi. Celui qui le fera remportera le tournoi.»
À -3, Jérôme Blais est dans la course, et ce, même s'il a joué +2 à l'aller, vendredi. «Il a fallu que je me parle. Lorsqu'on attend que tout aille bien, on peut attendre longtemps... On dirait que plus les tournois sont longs, meilleures sont mes chances», disait le représentant de Venise-Performance Golf. On retrouve trois joueurs du Québec à -2, soit Yvan Beauchemin, Maxime Barré et Marc Hurtubise.