En combinant ses efforts à ceux d'une trentaine d'autres producteurs, Sylvain Laquerre a contribué à redonner vie à la Niagarette.

La rivière Niagarette devenue un modèle de renaissance

Il y a 10 ans à peine, la rivière Niagarette, dans l'ouest de Portneuf, n'était plus qu'une décharge polluée par les rejets des nombreuses fermes qu'elle traversait. Aujourd'hui, grâce aux efforts combinés de 32 producteurs agricoles, le cours d'eau a repris vie et l'approche retenue sert maintenant de modèle un peu partout au Québec.
La réussite de l'initiative est telle que la Niagarette, désertée par le poisson, est redevenue un milieu favorable pour la faune. En 2010, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Faune a même reconnu son potentiel et, depuis, quelque 15 000 truites mouchetées y ont été ensemencées.
«Tout le monde a embarqué. Les agriculteurs ont tenu à être les leaders dans l'amélioration de la qualité de l'eau de la rivière. À partir de 2005 et pendant cinq ans, ils ont reboisé les rives, changé leurs méthodes de culture, diminué les rejets de leur ferme et pris des mesures pour empêcher leurs animaux d'aller dans le cours d'eau», raconte le président du syndicat de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de Portneuf-Ouest, Sylvain Laquerre.
Ensemble, les producteurs de Saint-Casimir et de Saint-Thuribe ont investi plus de 250 000 $ dans le projet, sans compter le temps qu'ils ont consacré à la réalisation de travaux. Déjà, au terme de l'expérience pilote qui a bénéficié du Programme de mise en valeur de la biodiversité des cours d'eau en milieu agricole et de l'appui de la CAPSA, un organisme de gestion de l'eau par bassin versant, les taux de phosphore et de coliformes fécaux avaient respectivement baissé de 60 % et de 83 % dans la Niagarette.
Mouvement de solidarité
«Un véritable mouvement de solidarité entre les agriculteurs est né de cette initiative, mouvement qui a d'ailleurs eu un effet d'entraînement à l'échelle de toute la population», affirme M. Laquerre, qui rappelle que le défi relevé a été gratifié de trois prix prestigieux, dont un Phénix de l'environnement.
Pour assurer la pérennité du projet, un protocole d'entente a été signé entre la CAPSA et le syndicat de l'UPA de Portneuf-Ouest. Un manuel de bonnes pratiques issu de l'expérience vécue et dont s'inspirent actuellement une cinquantaine d'initiatives semblables en province a également été rédigé. Le document est disponible dans le site Internet de la Fondation de la faune du Québec.