Jean-François Rousseau et Joé Bussière accordent beaucoup d'importance à la conciliation travail-famille. Ils confient 1 % de la masse salariale de leur entreprise à un comité d'employés qui détermine les mesures à mettre en place.

La revanche des «jeunes hommes»

Lauréats: Jean-François Rousseau et Joé BussièreOccasion: Leur entreprise Libéo a reçu le prix Actif humain lors des Fidéides 2014 pour sa gestion des ressources humaines. Joé Bussière a aussi été nommé Jeune personnalité d'affaires par la Jeune Chambre de commerce de Québec, dans la catégorie Technologie et recherche.
Les têtes dirigeantes de la firme Web Libéo, Jean-François Rousseau et Joé Bussière, ne sont pas des entrepreneurs «standards». «On est des gars de technologie avant tout. On n'a pas de MBA, on n'est pas des gars de finances. Encore aujourd'hui, notre côté geek, c'est ce qui propulse Libéo», disent-ils.
Jusqu'à récemment, les deux associés de 33 et 34 ans se faisaient appeler «jeunes hommes» par leurs clients. «Il y a quatre, cinq ans, on rêvait d'avoir des cheveux gris. Quand t'es jeune en affaires, c'est quand même difficile. C'est difficile de dire "J'ai assez d'expérience pour être en affaires"», remarque Jean-François Rousseau, fondateur et président de Libéo depuis 18 ans.
La firme de Québec propose des solutions clé en main pour développer la présence Web d'entreprises en tous genres, en plus de promouvoir l'utilisation des logiciels libres.
Ce créneau était loin d'être pris au sérieux au début de l'aventure, en 1996. Jean-François Rousseau dit avoir vu la perception des gens d'affaires changer avec le temps. «Quand j'ai parti l'entreprise à 16 ans, j'étais pas accepté», raconte-t-il en riant. «Je suis allé pour ouvrir un compte chez un fournisseur de pièces informatiques et je me suis fait retourner de bord parce que "Ben là, t'es trop jeune". Il a fallu que je rappelle une semaine plus tard et là, ils m'ont accepté.»
En 2003, Joé Bussière le rejoignait à bord de Libéo, tous deux ayant étudié en informatique à l'Université Laval. Une croissance «exponentielle» a suivi, alors que le nombre d'employés est passé de 6 à près de 70 aujourd'hui. «On est passés de geeks à hommes d'affaires. C'est peut-être ce côté geek que la communauté d'affaires est moins habituée. Ce sont des geeks, maintenant, qui sont capables de propulser une entreprise», analyse Joé Bussière.
Ce dernier est très actif dans la communauté 2.0. Il a cofondé Québec numérique, qui organise depuis trois ans l'événement Web à Québec. Il a aussi relancé les portails d'informations Branchez-vous.com, Showbizz.net et Cinoche.com, dont Rogers s'était départi en 2012.
Son engagement a été reconnu par la Jeune Chambre de commerce de Québec, qui lui a récemment décerné le titre de Jeune personnalité d'affaires 2013, dans la catégorie Technologie et recherche.
La semaine dernière, l'entreprise Libéo s'est vue décerner le prix Actif humain aux Fidéides, le gala des entrepreneurs, afin de souligner sa bonne gestion des ressources humaines.
Les deux patrons expliquent avoir redoublé d'efforts depuis 2005 pour assurer de bonnes conditions de travail à leurs employés. «On s'est aperçu que tout passait par les ressources humaines», explique Jean-François Rousseau. «C'est ce qui nous différencie dans le marché. Oui, c'est important les technologies qu'on utilise, mais c'est comment nos employés utilisent les technologies», complète Joé Bussière.
Libéo donne la possibilité à ses créatifs de choisir leur ordinateur, qu'ils peuvent ramener à la maison lors des changements d'appareils aux deux ans. L'entreprise prête aussi une attention à la conciliation travail-famille, en confiant 1 % de sa masse salariale à un comité d'employés qui détermine les mesures à mettre en place. Libéo dispose aussi d'un club social «très actif».
«La semaine passée, on est allés à l'hôtel de ville et le maire Régis Labeaume a parlé de Libéo comme d'un fleuron des technologies de l'information à Québec. Pour nous, c'est la consécration de penser qu'on est un joueur important dans le Web», concluent les deux «jeunes hommes» d'affaires.