Le passé

La rentrée du cinéma européen: affronter ses démons

Il en aura fallu du temps, mais deux des très bons films de la sélection officielle de Cannes prennent enfin l'affiche ici : Le passé et Jimmy P. Ces derniers et d'autres qui vont marquer notre hiver de cinéphile ont tous en commun, outre les grandes qualités, de présenter des hommes et des femmes qui doivent surmonter leurs démons pour avancer et se réinventer...
Le passé
Le magnifique film du brillant Asghar Farhadi est l'un de ceux qui ont ébloui la Croisette en mai dernier. Le jury aussi, puisqu'il a valu à Bérénice Bejo le Prix d'interprétation féminine (Tahar Rahim y est aussi très solide). L'actrice était éclatante et vibrante dans son rôle de mère au centre d'une tempête familiale. Le film de Farhadi met en scène des personnages aux prises avec le doute, les secrets et des choix difficiles à assumer. Il traite une fois de plus d'une séparation, mais aussi et surtout du microcosme familial comme révélateur social.
Date de sortie : 31 janvier
Jimmy P.
Le nouveau Arnaud Desplechin (La sentinelle) traite d'un sujet singulier. Celui de Jimmy P., un soldat amérindien (Benicio del Toro), qui, en 1948, est traité pour des conséquences de son traumatisme crânien alors qu'il souffre de ses blessures à l'âme. George Devereux (Mathieu Amalric), un singulier affabulateur, va se pencher à son chevet. Le magnifique et touchant film, influencé par Truffaut et Ford, est aussi une puissante histoire d'amitié sur fond de rédemption.
Date de sortie : 7 février
Nymphomaniac
Le long métrage de Lars Von Trier n'est pas encore sorti qu'il fait déjà scandale. D'abord par son sujet : il retrace la vie sexuelle d'une femme (Charlotte Gainsbourg), des premiers moments jusqu'à ses 50 ans. Ensuite par sa sexualité très explicite - même si, semble-t-il, il tourne principalement autour d'une conversation «philosophique» entre cette nymphomane autoproclamée et celui qui l'a recueillie. Sans parler du fait que le réalisateur de Dogville n'a pas eu le dernier droit de regard du montage. Sortie sulfureuse en vue.
Date de sortie : mars-avril
<p><em>Jimmy P.</em></p>
En solitaire
Christophe Offenstein, souvent vu dans les films de Guillaume Canet, signe un sujet ambitieux pour sa première réalisation. En solitaire retrace les circonstances qui ont permis au navigateur Yann Kermadec (François Cluzet) de réaliser son rêve : prendre le départ du Vendée Globe, un tour du monde à la voile en solitaire. Mais une halte forcée va bouleverser sa course. Bien accueilli par la critique et le public, le long-métrage offre aussi un petit rôle à Karine Vanasse.
Date de sortie : mars
9 mois ferme
Albert Dupontel (Le vilain) réalise cette déjantée comédie - et y joue - s'attardant au destin d'une juge collet monté (Sandrine Kiberlain) qui se retrouve enceinte après un party de bureau. L'ambitieuse célibataire n'a aucun souvenir du père, un petit malfrat accusé d'un meurtre particulièrement sordide. Humour noir et excentricités dans la mise en scène se conjuguent dans un film très réussi qui aurait pu solidement se péter la gueule.
Date de sortie : mars
Autres sorties
La grande beauté, Paolo Sorrentino (24 janvier)
Le capital, Costa-Gravas (31 janvier)
100 % Cachemire, Valérie Lemercier (31 janvier)
Belle et Sébastien, Nicholas Vanier (février)
Les garçons et Guillaume, à table!, Guillaume Gallienne (février)
Au bonheur des ogres, Nicolas Bary (21 février)
L'hypnotiseur, Lasse Hallström (28 février)
Fiston, Pascal Bourdiaux (14 mars)
Casse-tête chinois, Cedric Klapisch (mars-avril)
Amour et turbulences, Alexandre Castagnetti (avril)