Les médecins diplômés hors Québec doivent faire reconnaitre leur formation pour faire partie du Collège des médecins.

La reconnaissance des compétences

Depuis décembre 2009, le Québec compte un commissaire aux plaintes en matière de reconnaissance des compétences professionnelles. Il est totalement indépendant de l'Office des professions, même si administrativement, il relève de cet office.
Le commissaire André Gariépy.
Son rôle consiste entre autres à recevoir les plaintes des personnes contre un ordre professionnel au sujet de la reconnaissance de ses compétences. C'est le cas notamment avec les immigrés ou les réfugiés ayant un titre professionnel dans leur pays d'origine et qui voudrait le voir reconnu aussi au Québec.
Le commissaire André Gariépy rappelle que la création du poste de commissaire aux plaintes fait suite à la Commission Bouchard-Taylor. Le gouvernement voulait ainsi favoriser l'intégration des professionnels formés hors du Québec. Ainsi, on ferait en sorte que les ordres professionnels reconnaissent la valeur de leurs diplômes et leurs qualifications obtenus à l'étranger.
M Gariépy souligne que le bureau du commissaire a reçu quelque 242 demandes entre décembre 2009 et le 31 décembre 2016, dont 137 hors de sa juridiction. De ce nombre, 104 ont été étudiées. Douze n'étaient pas dans son champ de compétence. Il en restait donc 92, soit moins de 20 par année. En tout, le commissaire a fait 25 recommandations et 28 interventions pour résoudre le différend entre le plaignant et l'ordre concerné. Et 48 dossiers ont été sans suite à cause du retrait de la plainte ou de perte de contact avec le plaignant.
Les cinq principaux ordres visés étaient les ingénieurs (21 cas), les infirmières et infirmiers (11), les médecins (7), la physiothérapie (6) et les infirmières et infirmiers auxiliaires (5). 
Le deuxième volet du travail du commissaire consiste à vérifier les mécanismes de reconnaissance des compétences professionnelles dans les processus des ordres. Alors que le troisième volet touche les mesures concernant la formation dans les institutions d'enseignement et les stages, ainsi que la coordination de ces éléments pour l'admission dans un ordre.
«Le problème pour la reconnaissance des compétences, soutient M. Gariépy, vient souvent des délais entre chacune des étapes. Le système doit dire ce qui manque comme compléments de formation et comme stage dans des délais raisonnables. Le processus doit être complet en moins de trois ans, car dans bien des cas, l'absence de travail dans la pratique rend les compétences caduques après tris ou cinq ans. Actuellement, les délais s'étirent entre les étapes.»
À son avis, le problème vient d'un manque de fluidité et de réalisme dans les démarches. «Pour la personne, ne pas accéder à son titre professionnel constitue un échec. Mais c'est aussi un échec pour la société qui ne bénéficie pas de personne compétente. Il faut une ouverture à la diversité, car l'avenir du Québec économiquement et socialement parlant dépend de l'immigration», affirme-t-il en prônant l'ouverture à tous les niveaux.