Si elle remporte l'Oscar tant convoité, la productrice de Rebelle, Marie-Claude Poulin, n'exclut pas l'idée de venir le montrer aux citoyens de Québec.

La productrice Marie-Claude Poulin aux Oscars

Plus de 25 ans après avoir assisté par hasard à la première du Déclin de l'Empire américain à Cannes, Marie-Claude Poulin a su jeudi que c'est un film qu'elle a produit, Rebelle, qui est en lice dans une prestigieuse compétition cinématographique. «C'est le summum... la consécration», lance au bout du fil la productrice originaire de Sainte-Foy, au sujet de la nomination du long métrage aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger.
En milieu d'après-midi jeudi, Marie-Claude Poulin était encore sous le choc de la nouvelle, tombée peu après 8h. L'équipe du film, réunie dans les bureaux de productions d'Item7 à Montréal, a rapidement troqué le jus d'orange pour le champagne. Une célébration qui arrive après des années de boulot, puisqu'entre Québec et la cérémonie des Oscars à Los Angeles, Mme Poulin n'a pas chômé.
Après avoir fréquenté le Collège Jésus-Marie de Sillery, puis fait son cégep à Garneau, Marie-Claude Poulin a quitté Québec pour la Floride afin de poursuivre ses études universitaires en publicité. C'est à Toronto qu'elle décroche son tout premier emploi, un boulot dans le milieu à l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision.
Au cours de la même époque, elle effectue un voyage «d'agrément» à Cannes. Coup de chance, une connaissance l'invite à la représentation du film de Denys Arcand.
«Ça avait été une expérience tellement marquante [...] J'avais trouvé fabuleux qu'un film qui était si québécois et qui traitait de sujets québécois avec des vedettes québécoises puisse plaire partout dans le monde, ça m'avait fasciné», se rappelle-t-elle.
Réseau de connaissances
En 1990, elle est embauchée par Malofilm, qui a justement produit Le déclin de l'Empire américain. «Je travaillais en ventes internationales et j'ai développé un réseau de connaissances et de connexions dans le monde entier et que j'ai toujours entretenu», explique Mme Poulin, qui a par la suite été notamment à l'emploi de TVA films puis Équinoxe films.
Avec un ex-collègue de Malofilm, Pierre Even, ils fondent en 2009 leur propre boîte de production à Montréal, Item7. «Nous sommes toujours restés très amis [...] et ça faisait quatre ans qu'on y pensait. Des deux côtés, il fallait attendre que les astres soient bien alignés, professionnellement et personnellement», explique-t-elle.
Après Café de Flore de Jean-Marc Vallée, qui a été très bien reçu en 2011, c'est au tour de Rebelle, du réalisateur Kim Nguyen, de connaître une très belle carrière. «C'est inhabituel comme parcours», soutient Marie-Claude Poulin, qui croit que l'on ne peut jamais présumer du succès d'une production.
C'est avec beaucoup de fébrilité qu'elle attendra le grand jour. La cérémonie est prévue pour le
24 février, mais heureusement, Item7 a beaucoup de pain sur la planche d'ici là. Si elle remporte l'Oscar tant convoité, Mme Poulin n'exclut pas de venir le montrer aux citoyens de Québec.
«Peut-être, si le maire Labeaume m'invite», répond, en riant, celle qui n'a jamais coupé les ponts avec sa ville d'origine parce que sa famille et celle de son mari l'habitent encore. «C'est mon métier qui m'a amenée ailleurs», conclut celle dont les films n'ont pas non plus fini de voyager.