La prison pour une liaison avec une adolescente de 14 ans

Un homme de 33 ans de Québec, Benoît Morier, devra purger une peine d'emprisonnement pour avoir entretenu pendant plus d'un an une liaison amoureuse avec une adolescente de 14 ans.
Les faits reprochés à l'individu débutent en juin 2011. À cette époque, il avait 31 ans. La victime, la fille d'une amie, en avait 14. «À l'occasion d'une sortie au cinéma, où ils sont seuls tous les deux, l'accusé et la victime, après s'être regardés dans les yeux, s'embrassent sur la bouche, tombent amoureux et débutent par la suite une relation sentimentale», explique le juge Alain Morand dans sa décision sur la peine.
Dans les mois qui suivent, ils auront des relations sexuelles complètes, mutuellement désirées et consensuelles. La relation prendra fin en septembre 2012. La DPJ, qui enquête dans le milieu familial pour un signalement concernant un autre enfant, lève le voile sur l'histoire.
Sur les conseils des intervenants, l'ado accepte de mettre fin à la relation parce que, selon elle, «ça n'allait nulle part, puisqu'ils devaient cacher leur amour et s'abstenir de toute marque d'affection en présence d'autres personnes».
Le magistrat précise que le rôle de la mère dans cette affaire demeure nébuleux et que la Couronne ne peut en faire la preuve.
Une peine de 90 jours
La peine correspond au minimum imposé par le Code criminel pour une accusation de contacts sexuels.
Le juge Morand repose sa décision sur plusieurs motifs, en tenant compte de l'équilibre à maintenir entre, notamment, les objectifs de dissuasion générale et de réinsertion sociale.
Dans ce cas-ci, note-t-il, Benoît Morier jouit d'un rapport sexopsychologique favorable. Il n'est ni sociopathe, ni déviant, ni un prédateur sexuel, puisque son historique montre qu'il a toujours fréquenté des femmes adultes qui constituent son attirance sexuelle. De plus, l'accusé a plaidé coupable et a collaboré, acceptant même un suivi psychologique.
Enfin, bien que l'expérience puisse être traumatisante pour la victime, la preuve ne démontre aucun tort psychologique.
En l'espèce, ce dossier est particulier, précise le magistrat, parce qu'il ne constitue pas un cas typique d'abus sexuel où la victime a subi des sévices, sans désir, ni consentement.
L'inculpé devra donc purger une peine de 90 jours de prison de façon discontinue, les fins de semaine. Elle est assortie d'une probation de deux ans au cours de laquelle il lui est interdit de contact avec la famille et la victime.