Ce matin, les partis formant l'opposition ont jugé inconcevable qu'Élaine Zakaïb soit maintenue en poste après la divulgation d'une écoute électronique, captée en 2009.

La pression monte pour que Marois suspende Zakaïb

La pression s'accentue sur Pauline Marois pour qu'elle suspende immédiatement sa ministre Élaine Zakaïb à la suite des révélations embarrassantes émanant de la commission Charbonneau.
Jeudi matin, les partis formant l'opposition ont jugé inconcevable que Mme Zakaïb soit maintenue en poste après la divulgation d'une écoute électronique, captée en 2009.
La politicienne y confirme que le Fonds de solidarité de la FTQ, dont elle était alors une dirigeante, bloquait les concurrents du controversé entrepreneur Tony Accurso dans la région proche de Montréal. À l'ex-président de la FTQ Michel Arsenault, qui visiblement apprend de sa bouche le stratagème, elle le rassure en insistant sur le fait que «c'est sûr qu'on ne sortira jamais ça en public».
Québec solidaire s'est le premier fait entendre, en matinée. Sa députée Françoise David a avancé que le point de presse, convoqué en catastrophe par la ministre, la veille, n'a pas répondu aux questions «que nous sommes en droit de nous poser sur le rôle précis de Mme Zakaïb».
La députée solidaire s'est demandé «s'il y a encore des liens entre la FTQ, [la ministre], le gouvernement du Québec». Elle a rappelé que, lors de la commission parlementaire sur le projet d'importer du pétrole de l'Ouest par l'oléoduc Enbridge, Mme Zakaïb a été «distraite» en écoutant citoyens et écologistes; «complaisante à l'égard de la compagnie»; et a endossé la FTQ, favorable à l'idée.
La critique pour le Parti libéral du Québec a réitéré que Pauline Marois doit retirer de son cabinet, à tout le moins temporairement, la ministre de la Politique industrielle. Lise Thériault a enjoint à la première ministre de donner suite à la promesse d'afficher «la tolérance zéro» en matière d'intégrité.
La députée s'est dite convaincue que la collusion à l'égard des entreprises d'Accurso a aussi enrichi le Fonds de solidarité, puisqu'il était investisseur dans celles-ci. «C'est illégal, c'est immoral», a-t-elle répondu.
Le chef de la Coalition avenir Québec a renouvelé sa demande pour le retrait de Mme Zakaïb du cabinet Marois. François Legault a affirmé que les explications de la ministre sont contredites par les enregistrements policiers.
Le caquiste a profité de la sortie pour exiger que Pauline Marois s'explique davantage sur le «deal» avec le Parti québécois, évoqué par deux dirigeants de la centrale syndicale, en 2009, pour empêcher de convoquer une commission d'enquête sur la construction. Dans ce cas, comme dans l'affaire Zakaïb, «plus on en apprend, plus ça sent mauvais», a conclu M. Legault.