Parmi les principes mécaniques et physiques qu'il utilise dans ses spectacle de magie, Luc Langevin se sert de ceux de la tenségrité.

La physique au service de la magie

Illusionniste, magicien, mentaliste, prestidigitateur, Luc Langevin manie les différentes facettes de son métier en y incluant la science physique.
«Je suis un illusionniste généraliste», répond le magicien, lui qui a découvert et mis en pratique sa passion vers «l'âge de 6 ou 7 ans». La magie a toujours fait partie de sa vie. La science aussi. Et c'est toujours aussi vrai maintenant dans la préparation de ses spectacles.
Après ses études en sciences au cégep, Luc Langevin a complété un baccalauréat et une maitrise en sciences et génie à l'Université Laval avant de commencer un doctorat en biophotonique à l'Institut national d'optique (INO). 
Ne sachant s'il allait pouvoir vivre de son art et de sa passion pour la magie, il avait choisi le parcours des sciences qui le fascine toujours autant. Il avait déjà découvert le lien entre les sciences et la magie. Et dans ses spectacles, il y a toujours des liens forts entre les illusions basées sur la science et ses trucs de prestidigitateur.
«Après le baccalauréat, je ne pouvais pas vivre de la magie. J'ai continué d'appliquer mon plan B pour dénicher un emploi dans l'autre domaine qui me passionnait. Avant la fin de ma maîtrise, nous avons commencé le tournage de la série télé «Comme par magie» sans savoir si ça fonctionnerait. J'ai commencé mon doctorat à l'INO où j'ai découvert d'autres trucs qui me seraient utiles.» Il cultivait ses deux passions en même temps.
La science et l'illusionnisme sont très proches, répète-t-il. «J'utilise des principes de physique méconnus de la population en général. Houdini se distinguait par ses techniques d'évasion. Pour David Copperfield, c'était les grandes mises en scène théâtrale. Moi, c'est la science.»
Dans ses prestations, il utilise des principes mécaniques et physiques comme la tenségrité que l'on connaît en architecture. Il s'agit de la capacité d'une structure de se stabiliser par le jeu des forces de tension et de compression pour que l'ensemble tienne en place.
Ainsi, ceux et celles qui ne connaissent pas ce principe sont subjugués lors des spectacles autant qu'ils peuvent l'être par les disparitions d'objets ou les calculs mathématiques que le magicien utilise pour mettre au point des performances.
Luc Langevin donne quelques exemples. L'idée du rayon laser qui se promenait dans son corps et dans ses veines provenait de ce qu'il avait vu dans les laboratoires de photonique de l'INO où l'on utilisait de la peau synthétique pour tester divers capteurs. Ou encore un algorithme mathématique pour trouver l'âge d'une personne.
Pour peaufiner ces trucs, Luc Langevin a fait appel à des collègues qu'il a connus sur les bancs de l'université, car mélanger science et magie, ça ne se fait pas en criant lapin. Il faut des heures de préparation et d'exercices pour que tout baigne dans l'huile.
«Souvent, la préparation d'un numéro ressemble davantage à un processus de recherche scientifique», affirme-t-il. Ce n'est plus seulement qu'une capacité de distraire le sujet d'une main pour attirer son regard ailleurs pendant que l'autre main fait le travail. 
Et dans ses spectacles ou ses prestations dans la rue, le jeune homme né à Saint-Augustin-de-Desmaures fait appel à des spécialistes de la mise en scène. Il ajoute l'exemple du scientifique Martin Carli de l'émission de télé «Génial» à Télé-Québec, lui aussi magicien et mentaliste, qui met en scène ses expériences scientifiques comme s'il s'agissait de truc de magie !
Alors, les spectateurs assistant à ses spectacles ou regardant ses performances à la télévision peuvent se dire avec certitude qu'il y a de la science dans tous ces tours de magie. C'est ce qui rend les invités et les spectateurs gagas les yeux grands ouverts d'étonnement !