Wes Welker, Eric Decker ou Demaryius Thomas? Le quart-arrière des Broncos Peyton Manning (18) a l'embarras du choix quand vient le temps de distribuer les ballons et c'est de cette façon qu'il étourdit les défenses adverses.

La mission de Peyton Manning

«Les attaques donnent le spectacle, mais les défensives gagnent les championnats.» Vous avez entendu ce dicton des centaines de fois depuis que vous vous intéressez aux sports professionnels. Si vous souscrivez à cette théorie, il n'y a aucun doute que vous favorisez les Seahawks de Seattle pour l'emporter sur les Broncos de Denver lors du XLVIIIe Super Bowl présenté dimanche au MetLife Stadium situé à East Rutherford, au New Jersey.
Pour la cinquième fois de l'histoire, l'attaque la plus prolifique de la NFL (Denver) sera confrontée à la meilleure défensive (Seattle) au SB. Prenez note que la défense a eu le dernier mot à trois reprises lors des quatre premières confrontations du genre.
Au fil des ans, les équipes comptant sur la défense la plus solide de la NFL ont participé à 15 SB. Elles y ont remporté les grands honneurs 12 fois contre seulement trois défaites. À l'opposé, les clubs les plus productifs en attaque ont pris part au SB en 18 occasions, y décrochant 10 victoires contre 8 échecs.
Même si le football a changé et que l'attaque a prospéré au cours des dernières années, les finalistes réputés pour la qualité de leur jeu défensif ont eu le dernier mot quatre fois sur cinq dans pareilles circonstances depuis le début des années 2000. Même les Rams de St. Louis, qui misaient sur une attaque aussi diversifiée que celle des Broncos au début des années 2000, ont divisé les honneurs à leurs deux présences à la rencontre ultime, l'emportant de justesse sur les Titans du Tennessee avant de s'incliner deux ans plus tard devant les Patriots de la Nouvelle-Angleterre.
Départ canon
Malgré toutes ces théories qui pourraient m'inciter à opter logiquement pour Seattle, je demeure fidèle à mon choix de début de saison - les Broncos de Denver - parce que Peyton Manning est en mission depuis l'élimination surprise de sa troupe aux mains des Ravens de Baltimore, le 12 janvier 2013.
Le quart-arrière des Broncos a donné le ton à la saison en lançant sept passes de touché contre ces mêmes Ravens et il n'a jamais ralenti la cadence pour terminer l'année avec 55 passes payantes et des gains de 5477 verges par la voie des airs.
Manning a l'embarras du choix quand vient le temps de distribuer les ballons et c'est de cette façon qu'il étourdit les défenses adverses. Le numéro 18 se tournera-t-il plus souvent vers Wes Welker, Eric Decker ou Demaryius Thomas? L'ailier rapproché Julius Thomas sera-t-il appelé plus souvent à bloquer ou à capter quelques ballons? L'ex-joueur de basketball n'aura peut-être pas la vie facile s'il retrouve le demi de sûreté des Seahawks, Kam Chancellor, sur son chemin à quelques reprises.
Manning a été plaqué derrière la ligne de mêlée à seulement 20 reprises cette année, incluant les séries, et la ligne offensive des Broncos devra protéger son général en attaque de façon aussi efficace aujourd'hui, alors qu'elle fera face aux assauts répétés de Michael Bennett (8,5 sacs) et de Cliff Avril (8).
Après avoir misé sur une attaque accélérée (sans caucus) pendant toute la saison pour inscrire 606 points - un record! -, les Broncos ont ralenti la cadence dans les séries en orchestrant de longues poussées qui ont grugé plusieurs minutes au cadran, ce qui a contraint les quarts Philip Rivers (San Diego) et Tom Brady (Nouvelle-Angleterre) à passer plus de temps sur les lignes de côté que sur le terrain. Reste à voir ce que le jeune coordonnateur offensif des Broncos, Adam Gase, aura préparé - en collaboration avec Manning - pour avoir le dessus sur la coriace défense de Seattle.
La «bête» Marshawn Lynch
Gagne ou perd, soyez assurés que les demis défensifs Richard Sherman et Earl Thomas, les leaders de la défensive de Seattle, vont faire la vie dure aux cibles de Manning, tout comme les secondeurs Bobby Wagner et K.J. Wright. Les Seahawks ont réussi 28 interceptions cette saison et ils compteront évidemment sur les revirements pour modifier l'allure de la rencontre la plus importante de l'année.
En attaque, les champions de la Conférence nationale miseront sur la bête, Marshawn Lynch, pour donner le ton, lui qui a franchi le plateau des 100 verges dans quatre des six rencontres éliminatoires qu'il a disputées jusque-là. Après avoir gagné plus de 500 verges au sol pendant la saison, le mobile quart-arrière Russell Wilson a négligé cette importante facette de son jeu depuis le début des séries. Est-ce que ce sera encore le cas dimanche?
On a fait grand état pendant toute la semaine du retour au jeu de l'éclopé Percy Harvin, qui a disputé un seul match pendant la saison et une demie dans les séries avant de tomber au combat contre les Saints de La Nouvelle-Orléans, qui lui ont fait la vie dure lors des séries de division. Dans son cas, ce sera déjà un exploit s'il termine la rencontre en un seul morceau. Les vétérans Champ Bailey et Dominique Rodgers-Cromartie, des Broncos, feront mieux de se méfier de Doug Baldwin, qui a joué un fort match contre San Francisco.