«Il ne faut pas exagérer ce phénomène. Mais il y a un risque», soutient Pauline Marois.

La menace intégriste existe au Québec, dit Marois

Le risque que des intégristes musulmans infiltrent la société québécoise est bel et bien réel, déclare la chef du Parti québécois.
Pauline Marois, qui ne commente jamais les sondages sur les élections ou sa formation, a donné raison à une enquête d'opinion de la firme CROP qui rapporte que 53 % des Québécois estiment qu'il existe une menace intégriste.
«Il ne faut pas exagérer ce phénomène. Mais il y a un risque. On l'a vu. Il y a quelques représentants des intégristes de leur religion qui sont venus donner des conférences ou rencontrer des gens au Québec. Il faut s'en inquiéter.»
La leader péquiste a rappelé que la plateforme électorale du PQ a d'ailleurs fait sienne une suggestion de la députée Fatima Houda-Pepin, chassée du Parti libéral du Québec pour avoir défié Philippe Couillard sur le sujet de la Charte de la laïcité. Un gouvernement qu'elle dirigerait mettra sur pied un centre de recherche sur les crimes dits d'honneur et la lutte contre l'intégrisme.
«Des gens disent que vous [le PQ] exagérez, que vous allez trop vite, trop loin. Des fois, mieux vaut prévenir que guérir.» Il s'agit des premiers commentaires émis par Pauline Marois sur la Charte depuis le déclenchement des élections, il y a une dizaine de jours.
Par ailleurs, Mme Marois a confirmé qu'elle a accepté que son candidat dans Lafontaine se retire de la course. Jean Carrière a diffusé sur Facebook une photo anti-islam. Selon La Presse, d'autres photos controversées se retrouvent sur son site, dont une accusant la religion musulmane d'encourager, entre autres, la pédophilie et la bestialité.
«M. Carrière a appelé ce matin, a répondu la chef péquiste, à son point de presse. Il a dit qu'il retirerait sa candidature, et j'ai accepté.» Lafontaine est une circonscription acquise aux libéraux qui ont récolté plus de 50 % des suffrages, en 2012.
Couillard nuance
Questionné sur la menace d'intégrisme musulman au Québec, Philippe Couillard a eu une réponse nuancée. «On n'est pas à l'abri, mais ce n'est pas à la porte», a dit le chef libéral.
«C'est la raison pour laquelle [sa formation propose] une liste d'actions qu'on entend poser pour faire face à ce phénomène qui n'est pas majeur chez nous. Mais il y a des éléments de préoccupations, comme les mariages forcés, sur lesquels on a pris des engagements», a expliqué le chef libéral en référence au rapport du comité présidé par le député Gilles Ouimet qui s'est penché sur la question de l'intégrisme pour le Parti libéral.
M. Couillard met toutefois en garde contre la peur exagérée. «Il y a une tentative aussi de créer de l'inquiétude parmi la population sur des bases factuelles qui sont assez fragiles», a-t-il soutenu.  
Avec Valérie Gaudreau