La mémoire, l'humain et les jardins

Mettre l'humain au coeur des décisions et favoriser l'environnement et la qualité de vie, voilà les visées de Simon L'Allier, urbaniste, coordonnateur des transports à Victoriaville et fils de Jean-Paul L'Allier.
Et selon lui, la «cure de jouvence» qui est prévue pour Saint-Roch respecte tout à fait cet esprit.
<p>Simon L'Allier</p>
«L'intérêt et les efforts qui vont être mis dans le projet qui va être réalisé dans Saint-Roch est tout à fait dans l'air du temps et en continuité avec ce qu'avait commencé mon père», commente-t-il, ajoutant que ce projet semble mettre l'humain au centre de la réflexion. 
«En général, quand il est question de verdir, de refaire des places publiques, c'est clair que ça va être un plus pour le développement de Québec, dit-il. Ce n'est certainement pas une contradiction.»
Ayant réalisé sa maîtrise en urbanisme à UBC, à Vancouver - qu'il décrit comme «La Mecque de l'urbanisme» -, Simon L'Allier considère aussi que la communauté doit être une part intégrante d'un plan d'urbanisme. 
«C'est clairement dans l'air du temps; des villes qui font plus attention à la qualité de vie, à l'environnement urbain, à la pratique du vélo, de la marche...»
Partage de la voie publique
Spécialisé en transport, il préfère opter pour un meilleur partage de la voie publique, où l'automobile ne serait pas la seule reine. À Victoriaville, il a notamment contribué à installer des mesures de modération de la circulation, en jouant par exemple sur le lignage et l'ajout de bandes cyclables sur les artères principales. 
À l'image de bien des villes, Victoriaville reste dépendante à l'automobile... tout comme Québec. 
«Québec, c'est clair que c'est une ville qui a été marquée de façon importante par la construction routière des années 70. Conséquemment, le ratio routier par habitant est très élevé.»
«Fournir le transport en commun reste un défi, surtout plus on s'éloigne du centre. D'un autre côté, continuer d'investir dans le développement routier - surtout lorsqu'il n'y a pas de voie réservée - est contre-productif.»
Les bénéfices d'un élargissement sont à très court terme, explique-t-il, ajoutant que la congestion reviendra en force. 
À cela s'ajoute l'étalement urbain, une situation qui, précise Simon L'Allier, est loin d'être particulière à Québec, et qui continue en raison notamment de l'attrait de la banlieue. 
Un attrait qui peut être tempéré en reverdissant les villes, afin de fournir des espaces verts qui ne sont, alors là, plus privés, mais publics.
Aménager des jardins, voilà une idée qui rappelle quelque chose...