La criminelle est campée avec brio par Claudia Ferri (photo), qu'on a vue dans Le gentleman cet automne, et dans la série américaine The Killing.

La marraine : douanes sous haute surveillance

Dans les années 90 à Montréal, Ines Barbosa-Hernandez, surnommée la marraine du cartel de Cali, vivait aussi bien du blanchiment d'argent que du trafic de cocaïne. L'ancien journaliste de La Presse aux faits divers et affaires criminelles, André Cédilot, a couvert ses déboires à l'époque et y voyait déjà un bon scénario de série, une idée qu'a retenue la productrice Sophie Deschênes chez Sovimage. En résulte une captivante minisérie de cinq épisodes, La marraine, sur nos écrans dès mercredi prochain à 20h, à Séries+.
Véritablement construite comme une enquête policière, l'oeuvre s'inspire fortement de la réalité, mais on a changé les noms et romancé l'histoire. La criminelle, qui porte ici le nom de Paloma Hermosa, est campée avec brio par Claudia Ferri, qu'on a vue dans Le gentleman cet automne, et dans la série américaine The Killing.
Malheureuse en amour, la mère de trois enfants réussit à concilier vie familiale et activités illicites. Son grand patron Gabriel Vargas tire les ficelles à partir de la Colombie, et Paloma se charge de faire entrer la drogue au Canada. Tous les moyens sont bons, y compris d'utiliser une femme enceinte pour accomplir le sale boulot.
En parallèle, nous suivons l'enquête de Paul Généreux, joué par Patrice Godin, dont le ménage sera durement touché par les combines de Paloma. Evelyne Brochu incarne sa conjointe, enquêteuse comme lui et un peu trop téméraire, Jacques L'Heureux joue son patron à la section antidrogue de la police fédérale, et Benoît Gouin, celui qui prendra sa relève et pire ennemi de Généreux. Acteur né à Québec qu'on peut voir dans la série canadienne-anglaise Orphan Black, Michael Mando joue quant à lui un collègue d'origine portugaise, vulnérable et manipulé par Paloma, qui a «des contacts partout», se vante-t-elle.
La vraie marraine n'avait pas la beauté de Claudia Ferri et faisait preuve d'amateurisme, selon André Cédilot; celle de la série est plus charmeuse, et semble en pleine possession de ses moyens. Elle usera de son sex-appeal pour obtenir ce qu'elle veut, quitte à corrompre un policier. Son avocat, Moïse Loman, est inspiré du vrai Sidney Leithman, assassiné froidement en pleine rue. Ines Barbosa-Hernandez s'est suicidée en 2006, mais la série ne se rend pas jusque-là.
L'actrice Claudia Ferri, qui fait constamment l'aller-retour entre la côte est et la côte ouest, refuse de condamner son personnage. «Elle n'est pas née criminelle, elle aime fort ses enfants et est prête à tout pour leur garantir un avenir autre que le sien», dit-elle.
Coécrite par Joanne Arseneau, Mario Bolduc et Danielle Dansereau, La marraine est réalisée par Alain DesRochers, à qui on doit Musée Eden et Nitro au cinéma. Il s'agit de la première production québécoise de Séries+ depuis que la chaîne est passée aux mains de Corus Média avec Historia, Télétoon et Télétoon Rétro. L'an prochain, Séries+ proposera une autre minisérie inspirée de faits réels, Le berceau des anges de Ricardo Trogi, avec Marianne Fortier, Sébastien Delorme, Isabelle Blais et Ève Duranceau. Située dans les années 50, l'oeuvre de cinq épisodes relate le trafic d'enfants, du Québec vers les États-Unis, un fait méconnu de notre histoire.
Ce soir, tout est permis n'est pas mort
Le projet de Ce soir, tout est permis, adaptation du concept français Vendredi, tout est permis, n'a pas été abandonné par V. Cette émission de variétés humoristique, que devait animer Éric Salvail l'automne dernier puis cet hiver, est une nouvelle fois reportée à la saison prochaine. Chez V, on admet que le retour à la fiction avec Ces gars-là a nécessité d'importants investissements, et on a jugé préférable de garder Ce soir, tout est permis pour plus tard. Dans ce concept immensément populaire en France, des humoristes doivent relever différents défis en improvisant.