Roger Hodgson a pigé adroitement dans sa besace de chansons, optant en majorité pour des titres de l'époque où il oeuvrait au sein de Supertramp.

La magie des vieux refrains selon Roger Hodgson

CRITIQUE / The Logical Song, Dreamer, Even In The Quietest Moments... Le répertoire de Roger Hodgson est tel qu'il peut aisément bâtir un concert en cumulant les grands succès et en évitant les moindres creux de vague. Et c'est exactement ce qu'il a fait mercredi, au Grand Théâtre, pour le plus grand plaisir de ses fans.
Du haut de ses 65 ans, Hodgson affiche toujours la grande forme. Certes, le temps a fait grisonner ses longs cheveux et a buriné son visage, mais sa voix de même que son doigté sont demeurés intacts. Aussi, le cofondateur de Supertramp n'a eu aucun mal à défendre son catalogue de chansons. 
Hodgson n'avait pas encore joué une note qu'il avait déjà droit à une ovation. C'est dire combien il était attendu par les spectateurs qui avaient rempli les lieux à craquer... Entouré de quatre compétents complices, il a mis la machine en marche avec Take The Long Way Home. On a d'abord senti la bande jouer la carte de la prudence, mais quand Hodgson a enchaîné avec School, titre phare de l'album Crime of The Century, la machine s'est mise à tourner à plein régime. Soudainement, le leader a mis la foule au creux de sa main et l'y a gardée jusqu'à la fin du concert.
En français
Entre deux pièces, l'Américain d'adoption s'efforçait de causer en français et ne manquait pas de glisser quelques blagues qui ont dessiné des sourires. C'est ainsi qu'en prélude à Breakfast In America, il a raconté que, lorsqu'il vivait en Angleterre, il rêvait de la Californie tout simplement parce qu'il ne connaissait pas encore le Québec. Aussi, le hit Breakfast In America aurait très bien pu s'appeler Breakfast in Québec!
Le chanteur, pianiste et guitariste a pigé adroitement dans sa besace de chansons, optant en majorité pour des titres de l'époque où il oeuvrait au sein de Supertramp. Dans le lot, les classiques, certes, mais également des pièces comme Babaji, en réponse à une demande spéciale, ou encore If Everyone Was Listening.  
Hodgson a par ailleurs puisé dans son premier album solo, In The Eye of The Storm, trois fois plutôt qu'une, en plus d'offrir deux compositions de son plus récent enregistrement, Open The Door (2000), toutes deux saluées : Along Came Mary et Death and A Zoo
Le vétéran a su proposer des arrangements étoffés et efficaces, y compris du côté des harmonies vocales. D'autre part, ses musiciens faisaient un excellent boulot. À ce chapitre, il faut saluer l'apport du multi-instrumentiste Aaron MacDonald, qui avait autant d'aplomb dans ses saxophones qu'à la voix, à la flûte ou aux claviers.
Hodgson, qui avait invité la foule à mettre tous ses tracas de côté le temps du concert, a proposé un tour de chant généreux, qui a culminé sur l'ambitieuse Fool's Overture. Cette dernière a soulevé la salle sans le moindre mal et a assurément fait oublier aux spectateurs le singulier décor, fait de faux palmiers... Avant de se lancer dans Two of Us, en rappel, le chanteur s'est mis à évoquer sa prochaine visite à Québec. À en juger l'approbation du public, ce pourrait être avant longtemps...