Antoine Coulombe et les petits Nordiques n'ont rien pu faire contre la force de frappe russe.

La machine russe trop forte pour les petits Nordiques

La Russie a gâché la fête au Colisée samedi matin, éliminant 5-0 les petits Nordiques du Tournoi pee-wee.
Le Russian Center Selects domine depuis le début de la compétition dans la catégorie AA-Élites. Samedi, il n'a pas été plus clément avec les chouchous de la foule. Trop rapides, les Russes n'ont à peu près pas partagé la rondelle avec les petits Fleurdelisés, représentés par les Corsaires de Pointe-Lévy.
La défaite est souvent difficile à avaler pour des jeunes d'âge pee-wee, mais pas cette fois. Déçus certes, les Nordiques ont été assez lucides pour comprendre que leurs adversaires étaient une coche au-dessus. «On les a tenus au début, mais ils n'étaient pas dans la bonne catégorie», a résumé l'entraîneur-chef Daniel Bédard. «Par le passé, dans d'autres défaites au tournoi pee-wee, tout le monde pleurait, mais là...»
La direction du Tournoi a convenu que la Russie aurait facilement pu jouer dans le AAA. «On se fie à des enregistrements qu'on a vus. Et ce qu'on a vu, c'était du AA-Élites», a commenté le directeur général Patrick Dom.
La Russie n'a accordé que deux buts - les deux aux Tchèques - en quatre matchs et en a marqué 22. Gennady Kurdin dirige froidement son club, franchement bien structuré. «On les a entendus crier après leurs joueurs entre la deuxième et la troisième période [malgré une avance de 3-0] Mais bon, sur la glace, c'est toute une machine de hockey», a confié Daniel Bédard.
En soirée, la Russie a obtenu son billet pour la finale d'aujourd'hui en battant les Gaulois d'Antoine-Girouard 8-2, marquant notamment cinq buts sans riposte en troisième.
Le cuisant revers des Nordiques n'enlève rien aux accomplissements de l'équipe, a ajouté l'entraîneur. «On peut sortir avec le sourire. Nous, on a pris de l'expérience. On voulait se rendre au samedi [au moins en quart de finale]. Nos joueurs, c'est des winners. Il faut sortir la tête haute et c'est ce que je leur ai dit.»
L'attaquant William Veillette avait le même sentiment. «La déception est là, mais elle est moins grosse. [...] Je pense pas qu'ils étaient de calibre AA.» Il conservera de bons souvenirs de son tournoi, dont un but marqué en prolongation dans une victoire de 4-3 en lever de rideau. «J'y pense à chaque soir!»
Pas juste un gilet...
Les Nordiques auront aussi reçu la visite surprise de la Coupe Stanley dans leur vestiaire, mercredi. «On est gâtés. Au début, représenter les Nordiques, je pensais que c'était juste un gilet et des bas.»
Avec l'énergie de la foule, qui ne porte plus à terre quand elle voit le chandail bleu, les petits Nordiques ont compris que c'était plus que ça. «J'ai compris ce que ça représentait de porter cet uniforme», a philosophé le jeune Veillette.
<p>L'entraîneur-chef Taro Kurokawa a même eu droit à une ovation debout.</p>
Le Japon éliminé et ovationné
À la déception générale, le Japon a manqué de ressources, samedi, s'inclinant 2-1 en tirs de barrage dans sa demi-finale de la catégorie Inter B contre le Baden-Württemberg (Allemagne). Le tournoi des Japonais s'est malgré tout terminé sur une note positive. Au terme de la rencontre, ils ont été chaleureusement applaudis par les spectateurs, qu'ils ont de nouveau salués selon la tradition japonaise. Dernier à quitter la patinoire, l'entraîneur-chef Taro Kurokawa (photo) a même eu droit à une ovation debout. «Malgré la défaite, ça se termine de façon très heureuse. Nous avons été encouragés par la foule, nous ne nous y attendions pas. On veut revenir l'an prochain!» Seul à diriger l'équipe, il a fait plusieurs sacrifices pour venir au Québec. Incapable d'obtenir son congé, il a dû quitter son emploi en marketing avec le club de soccer Yamaha FC. «Je n'ai plus d'emploi en revenant, c'est un peu épeurant!» a-t-il admis. Les Japonais ont aussi gagné le trophée du meilleur esprit sportif.
Kris Draper toujours aussi intense
Kris Draper, ex-joueur de la LNH avec les Red Wings de Detroit, n'a de toute évidence pas perdu son esprit de compétiteur. Dirigeant les Wings au niveau pee-wee AAA, il démontre beaucoup d'intensité derrière le banc, même envers les joueurs adverses. L'équipe du Michigan a battu les Voltigeurs de Drummondville 3-0 en quart de finale, samedi. Plus la rencontre avançait, plus les Québécois montraient des signes de frustration. Si Draper disait n'avoir rien à se reprocher après le duel, l'entraîneur-chef des Voltigeurs n'était pas impressionné par les tactiques de son homologue. «Il parlait à mes joueurs, leur lançait des regards ou des sourires durant le match [...] Il a crié après nous autres en troisième», a raconté Sylvain Grimard. Ce dernier n'était pas fier du comportement de sa troupe, mais il croit que Detroit y a contribué. Après la traditionnelle poignée de main, les jeunes Voltigeurs ont même entouré Draper après qu'il eut laissé tomber un commentaire à un joueur.