Pour 2017, Tiger Woods ne s'est pour l'instant pas fixé d'autre objectif que «de disputer une saison entière», tout en étant conscient qu'il n'a plus la condition physique et la puissance de son âge d'or.

La longue et lente reconstruction de Tiger

Après une absence de 15 mois, Tiger Woods a retrouvé les verts du circuit de la PGA aux Bahamas, mais l'ancien numéro un mondial a encore du pain sur la planche pour retrouver le gotha mondial.
Le «Tigre» a réussi son retour, même s'il a terminé à une modeste 15e place, sur 18 (à 14 coups du vainqueur), du Hero World Challenge, l'épreuve organisée au profit de sa fondation qu'il a remportée à cinq reprises dans sa carrière.
«Ce que j'ai traversé pour retrouver la compétition a de loin été la chose la plus difficile que j'ai vécue dans ma vie», a admis celui qui a pourtant collectionné les blessures et vu sa vie privée faire la une de la presse mondiale en 2009, après les révélations sur ses nombreuses aventures extra-conjugales.
«Il y a vraiment eu des moments de souffrance terrible durant lesquels je ne pouvais plus bouger, durant lesquels j'ai eu peur aussi», a rappelé Woods, opéré au dos à trois reprises entre 2014 et 2015.
Pendant la semaine passée sur le luxueux parcours d'Albany, Woods n'a jamais semblé éprouver de maux de dos. Il a même, plus d'une fois, montré des éclairs de son génie qui lui ont permis de rester 683 semaines en tête du classement mondial et de collectionner 79 titres, dont 14 en grand chelem.
Nicklaus et Snead
Sans surprise, le joueur de golf le plus célèbre de la planète, réputé pour son acharnement à l'entraînement et sa quête quasi maladive de la perfection, n'est pas revenu pour faire de la figuration. «Si je ne me croyais pas capable de regagner, je ne serais pas revenu, j'ai trop de fierté», a-t-il même asséné.
Mais à bientôt 41 ans - le 30 décembre -, après 466 jours sans compétition et alors que sa dernière saison réussie remonte à 2013, la probabilité qu'il batte les records de Jack Nicklaus (18 victoires en grand chelem) ou même de Sam Snead (81 titres PGA) est faible.
Pour 2017, il ne s'est pour l'instant pas fixé d'autre objectif que «de disputer une saison entière», tout en étant conscient qu'il n'a plus la condition physique et la puissance de son âge d'or.
«Il va falloir être malin et réfléchir, je vais prendre quelques semaines pour [définir son calendrier pour 2017] avec mon équipe», a admis Woods, qui a terminé la semaine au 898e rang mondial.
«Il est clair que je ne peux plus faire ce que je faisais avant. À mes débuts, j'avais l'un des plus longs coups de départ du circuit, il y a maintenant 50 joueurs qui frappent plus loin que moi, mais cela veut juste dire qu'il faut que je fasse les choses différemment», a insisté Woods, dont le dernier titre majeur remonte au US Open de 2008.
«Je ne peux plus courir 30 miles [48 km] par semaine comme je le faisais avant, c'est une question d'âge, j'ai eu quatre opérations aux genoux, trois au dos. Il faut que je passe maintenant entre les mains du kiné pendant deux à trois heures, que je prenne des bains glacés», a-t-il révélé.
Plusieurs prétendants
En son absence, la hiérarchie mondiale a été bouleversée par l'émergence de ses compatriotes Jordan Spieth et Dustin Johnson, de l'Australien Jason Day. Les prétendants se sont multipliés, comme l'a montré la saison 2016 durant laquelle les quatre titres majeurs sont revenus à quatre joueurs différents, qui n'avaient jamais gagné à ce niveau jusque-là.
Mais Woods, «surpris», de son propre aveu, par les marques d'amitié qu'il a reçues de ses rivaux durant son absence et à l'occasion de son retour, profite pour l'instant de son bonheur retrouvé. «J'adore la compétition, je suis simplement heureux de rejouer», a-t-il rappelé. 
«Gagner prend du temps, cela passera par des heures d'entraînement chez moi, puis par des tournois pour un jour se retrouver en position de gagner un dimanche de grand chelem», a-t-il rêvé, à voix haute.