Pauline Marois, qui était accompagné du ministre sortant Sylvain Gaudreault à Montréal, mercredi, n'hésitera pas à utiliser la contrainte législative pour forcer l'application de la loi 101 aux entreprises privées de compétence fédérale.

La loi 101 aux entreprises fédérales, promet Marois

Pauline Marois veut forcer l'application de la loi 101 aux entreprises privées de compétence fédérale au Québec, comme les banques et les transporteurs aériens.
L'engagement pris par la chef péquiste, mercredi, ne faisait pas partie du renforcement de la Charte de la langue française que son gouvernement a tenté en vain de faire adopter. Ce sera le cas si le Parti québécois obtient une majorité le 7 avril.
«C'est sûr que sur cette question fondamentale, je vais avancer», a promis la chef péquiste. «Le Parti libéral du Québec n'a même pas voulu en discuter. C'est honteux pour une formation qui prétend à diriger le Québec.» 
Il y aurait plus de 1700 entreprises privées à charte fédérale au Québec. Plus de 60 % d'entre elles se soumettent déjà d'elles-mêmes à la loi 101. Mme Marois vise 100 % et n'hésitera pas à utiliser la contrainte législative pour y parvenir. Les compagnies réfractaires pourraient se voir refuser tout contrat public tant que leur situation n'est pas régularisée. 
La loi 101 force notamment les compagnies à rédiger ses communications en français, entre autres langues, à respecter le droit de travailler en français et à servir ses consommateurs dans la langue de Molière. 
Les entreprises en télécommunication et les transporteurs routier, ferroviaire et maritime sont également constitués en vertu de la loi fédérale.
La chef péquiste a par ailleurs présenté mercredi ses engagements en matière de francisation des immigrants. Son gouvernement a déjà annoncé l'injection de 13 millions $ supplémentaires sur trois ans pour aider les nouveaux arrivants à apprendre le français. 
Pour faciliter l'intégration des immigrants au marché du travail, plus particulièrement ceux du Maghreb, le Parti québécois veut améliorer la reconnaissance de leurs diplômes. Le parti mettrait aussi en place un système de prêts pour permettre à l'immigrant de prendre le temps d'arrimer ses compétences académiques à celles du Québec. 
Le libéral Philippe Couillard a réitéré qu'il n'a pas l'intention de proposer le moindre changement législatif, en ce qui a trait à la langue. «Je vais être très clair», a-t-il lancé à son point de presse, donné à Québec. «On ne touchera pas aux entreprises de juridiction fédérale. On ne fera pas ça.»