L'entraîneur adjoint des Remparts, Martin Laperrière, a rappelé une anecdote de la Coupe Memorial de 2006 où un gardien adverse avait fourni toute une motivation aux Diables rouges.

La légende Dustin Slade

Si Martin Laperrière a appris quelque chose de sa participation à la Coupe Memorial en 2006, c'est qu'il ne suffit parfois de presque rien pour faire basculer une rencontre.
L'entraîneur adjoint des Remparts se rappelle trop bien le match de ronde préliminaire contre les Giants de Vancouver, cette année-là. Tirant de l'arrière 2-0 après cinq minutes de jeu, la troupe de Patrick Roy voyait tranquillement filer ses espoirs d'atteindre la finale, elle qui avait échappé son premier match 3-2 aux mains des Petes de Peterborough.
«En cinq minutes dans le deuxième match, on perdait 2-0 sur deux lancers, contre Vancouver. Tu te regardes et tu te poses la question... Peut-être qu'on n'a pas d'affaire ici? Et tout d'un coup, il y a un point tournant. Et le point tournant en 2006, ç'a été la légende de Dustin Slade!» a lancé le bras droit de Philippe Boucher.
Gardien des Giants de Vancouver, un Slade arrogant avait offert une source de motivation inespérée aux joueurs des Remparts. «On ne l'avait pas pantoute en première période. Je pense que les lancers étaient rendus 18-1 pour eux autres quand Slade est passé devant notre banc pendant la pause télé et a lancé : "Hé, les gars! Est-ce que je vais recevoir un lancer, ce soir?"
«Je n'ai pas besoin de dire que ç'a reviré de bord assez vite! Ç'a piqué les gars et la machine est repartie. [...] Je remercie encore Dustin Slade de nous avoir donné le coup de pouce!» a lancé Laperrière, dont le club a finalement remporté la rencontre 6-3, grâce à des doublés d'Alexander Radulov et de Jordan LaVallee.
demeurer dans
le moment présent
L'anecdote le fait bien rire aujourd'hui, mais elle illustre bien l'impact de l'intangible sur les résultats de rencontres en tournoi. «C'est comme ça. Tu peux jouer un match phénoménal et le perdre. Le lendemain, ton gardien de but peut en voler une. Si tu peux réussir à semer un doute et garder ton momentum longtemps, tu as des chances de remporter la victoire.
«L'année passée, tout le monde a mis son argent sur Guelph. C'était écrit dans le ciel. Edmonton est arrivé là et son gardien de but a fait toute une job! Et puis, c'était des gros bonshommes... Tu ne sais jamais», a-t-il laissé entendre, au sujet des champions en titre de la Coupe Memorial.
Le secret, c'est de demeurer dans le moment présent, croit encore Laperrière, c'est-à-dire ne pas trop ruminer les défaites ou anticiper les victoires. «Il faut que tu sois capable de te relever tout de suite et de ne pas te satisfaire de ta victoire trop longtemps. Parce que ça va vite.»
Une fois entrées dans la danse, toutes les équipes ont cependant une chance d'accéder aux grands honneurs, juge l'entraîneur adjoint. «Les joueurs de Peterborough étaient immenses, quand on a joué contre eux en 2006. Steve Downie, c'était l'un des plus petits. Tu avais aussi Jordan Staal, qui était dans le groupe. Vancouver avait Milan Lucic et Gilbert Brûlé, qui était une bombe sur patins. C'est sûr que tous les clubs qui sont rendus là ont quelque chose de spécial. Ils ont chacun leurs attraits, leurs forces. Mais dans une rencontre, il y a bien des choses qui peuvent se passer...»