La grande région de Québec penche pour Legault

François Legault est en terrain solide dans la grande région de la capitale, même si ce n'est pas le «balayage» qu'il entrevoit. À neuf jours du scrutin, son parti y recueille 34 % des intentions de vote, selon un sondage Segma Recherche-Le Soleil.
Intentions de vote (région de Québec)
Intentions de vote (rive nord-rive sud)
Première, la Coalition avenir Québec (CAQ) devance le Parti libéral du Québec (PLQ) par cinq points de pourcentage et le Parti québécois (PQ) par 10 points. Le parti de Jean Charest obtient 29 % des intentions de suffrage et la formation souverainiste, 24 %.
Québec solidaire et Option nationale se classent derrière avec respectivement 7 % et 3 % d'appuis.
Le sondage téléphonique de Segma Recherche a été mené de mercredi à samedi auprès de quelque 1000 personnes habitant 12 circonscriptions de la grande région de Québec : 9 sur la Rive-Nord (Charlesbourg, Chauveau, Jean-Lesage, Jean-Talon, La Peltrie, Louis-Hébert, Montmorency, Taschereau, Vanier-Les Rivières) et 3 sur la Rive-Sud (Lévis, Chutes-de-la-Chaudière et Bellechasse).
Globalement, les électeurs paraissent se détourner des libéraux. Par rapport au résultat du scrutin de décembre 2008, l'enquête révèle qu'ils auraient davantage perdu de points que leurs principaux adversaires en auraient gagné si les élections s'étaient déroulées ces derniers jours.
Le PLQ recule, le PQ stagne
Très précisément, le PLQ est en recul de 11 points de pourcentage depuis le dernier scrutin, tandis que la CAQ progresse, si l'on peut dire, bien que doucement - puisqu'elle recueille trois points de plus que la défunte Action démocratique du Québec. Le PQ stagne plus ou moins.
Fait intéressant, en décortiquant le profil démographique des répondants, le président de Segma, Raynald Harvey, constate l'existence d'une «guerre politique des générations» - de trois générations, en fait.
Les X, qu'il définit comme étant âgés de 24 à 44 ans, se trouvent massivement derrière la CAQ. Les boomers de 55 à 64 ans favorisent le PQ. Les 65 ans et plus soutiennent majoritairement les libéraux.
Aux yeux du sondeur, «le clivage générationnel est net».
La CAQ est forte d'un électorat plutôt masculin, aussi.
Rive-Sud c. Rive-Nord
Le plan rapproché de l'enquête indique que la Coalition de François Legault est en meilleure position sur la Rive-Sud de la région de Québec que sur la Rive-Nord. Au point où il semble acquis, pour le sondeur, que le candidat caquiste dans Lévis, Christian Dubé, désigné «futur ministre des Finances» par son chef, devrait l'emporter le 4 septembre.
Sur la Rive-Sud, la CAQ récolte 39 % d'appuis. C'est plus que dans le portrait d'ensemble du sondage. Les libéraux y sont aussi plus forts, avec 33 % d'intentions de vote, alors que les péquistes font moins bien, avec 18 %.
La course est plus serrée sur la Rive-Nord. La CAQ y enregistre un soutien à hauteur de 32 %, ce qui est un peu moins que dans le portrait global. Les libéraux sont à 28 % et le Parti québécois, à 26 %.
Sur la Rive-Nord, «la CAQ semble profiter d'appuis plus importants dans la couronne nord de la ville de Québec, analyse Raynald Harvey. Les libéraux sont davantage en force dans l'axe longeant le fleuve, des anciennes frontières de la ville de Québec à Cap-Rouge. Les péquistes paraissent particulièrement solides dans Taschereau»
Le prochain gouvernement
Le meilleur premier ministre
Legault, meilleur premier ministre
Globalement, dans les 12 circonscriptions sondées, François Legault se classe en tête du palmarès du meilleur premier ministre avec 31 % des mentions, devant Jean Charest, avec 26 %, et Pauline Marois, avec 20 %.
D'après le sondage, près de 8 répondants sur 10 s'attendent à l'élection d'un gouvernement minoritaire. Quelque 36 % des sondés croient que le Parti québécois le formera, 31 % pensent que ce sera le Parti libéral. Seulement 19 % estiment que la Coalition avenir Québec héritera de cette lourde tâche.
La Coalition domine dans les intentions de vote, mais tous ses partisans ne semblent pas trop y croire.
Le vote carrément «friable»
«Le vote est très volatil», a déclaré le caquiste François Legault en fin de semaine. Il est carrément «friable», affirme le patron de Segma Recherche. Ce n'est pas le premier sondage depuis le début de la campagne électorale à indiquer que 4 électeurs sur 10 (41 %) pourraient «changer d'idée d'ici la tenue du scrutin». Mais à une semaine du vote, la donnée étonne Raynald Harvey. Il la juge élevée, «comme si une partie de l'électorat se cherchait encore».
Parmi les trois principaux partis, les partisans de la CAQ sont les plus nombreux à dire qu'ils pourraient changer de camp, à 47 %, contre 35 % pour les libéraux. Ils sont seulement 29 % à dire la même chose chez les péquistes - ce qui est une relative bonne nouvelle pour ces derniers.
Pour la CAQ, le tout est de savoir si ces sympathisants «mous» pourraient faire défection ou s'ils s'expriment ainsi simplement parce qu'ils sont des «nouveaux arrivants», explique Raynald Harvey.
Méthodologie
Les chiffres présentés sont ceux «après répartition proportionnelle» des 6 % d'indécis et de discrets. Les résultats bruts sont les suivants : CAQ 32 %, PLQ 27 %, PQ 22 %, QS 7 % et ON 2 %. Quelque 4 % des sondés ont déclaré qu'ils voteraient pour le Parti vert ou un autre parti, ou encore qu'ils ne se rendraient pas aux urnes.
À ce sujet, le président de Segma, Raynald Harvey, rappelle qu'un pourcentage significatif des citoyens n'ira pas voter le 4 septembre, une donnée à conserver en mémoire d'ici la fin de la campagne. Le taux de participation s'est élevé à 57 % en 2008. Le sondage a été réalisé du 22 au 25 août 2012 par entrevues téléphoniques. «L'échantillon a été tiré aléatoirement parmi les échanges téléphoniques de la région de Québec, constituée par 12 circonscriptions provinciales définies selon la nouvelle carte électorale 2011, indique le sondeur.
Au total, 1007 entrevues ont été réalisées. Les données d'ensemble ont été pondérées sur la base du recensement de 2011 en fonction du sexe, de l'âge et de la répartition démographique de la population. Les résultats d'ensemble comportent une marge d'erreur échantillonnale de plus ou moins 3,1 %, selon un intervalle de confiance de 95 %.»