IAM a un large répertoire, mais il a surtout puisé dans son mythique L'école du micro d'argent (1997) et son récent Arts martiens (2013). Le tour de chant a aussi fait place à des morceaux des disques solos d'Akhenaton (Illiminachill, Souris encore) et de Shurik'n (Où je vis, Les miens).

La grande conquête d'IAM

Après les Britanniques, c'était au tour des Français de prendre d'assaut les plaines d'Abraham, jeudi soir. À sa quatrième présence au Festival d'été de Québec (FEQ), IAM a conquis la nation hip-hop. On a longtemps craint que la foule ne soit pas présente en grand nombre, mais lorsque les Marseillais sont entrés sur l'air de Debout les braves, la victoire ne faisait plus de doute.
Les deux leaders d'IAM, Shurik'n et Akhenaton, ont chauffé les plaines d'Abraham, jeudi soir.
<p>Les spectateurs, en nombre respectable, ne se sont pas fait prier pour accompagner les quatre rappeurs, chantant et agitant les bras sur les rythmes pesants et intenses de DJ Kheops.</p>
Les spectateurs, en nombre respectable, ne se sont pas fait prier pour accompagner les quatre rappeurs, chantant et agitant les bras sur les rythmes pesants et intenses de DJ Kheops. Le groupe a enfilé les titres en rafale sans coup férir, aidé par une sonorisation impeccable, connaissant toutefois une petite baisse de tension après une heure sur scène, vite récupérée. Plus tard, IAM a semé la frénésie au rappel, enfilant Je danse le Mia, La saga et Petit frère.
Pierre angulaire du rap français et militant depuis sa fondation, IAM ne se gêne pas pour dénoncer les injustices et les inégalités. Mais ils ont évité les discours au profit de la musique, notamment en interprétant Les raisons de la colère et le tour de force Demain c'est loin.
IAM, c'est la déclamation du verbe et la conjugaison des voix, mais les gars n'avaient pas oublié le visuel - sortant notamment les sabres laser pour L'empire du côté obscur et ne lésinant pas sur les projections sur les écrans géants et les chorégraphies.
Le collectif a un large répertoire, mais il a surtout puisé dans son mythique L'école du micro d'argent (1997) et son récent Arts martiens (2013). Le tour de chant a aussi fait place à des morceaux des disques solos d'Akhenaton (Illiminachill, Souris encore) et de Shurik'n (Où je vis, Les miens). Akhenaton, Shurik'n, DJ Kheops, Imhotep et Kephren peuvent dire : veni, vidi, vici...
<p>De La Soul a sorti tous les trucs habituels pour amuser la foule, qui ne demandait pas mieux.</p>
De La Soul
Entre les deux parties francophones, le FEQ avait inséré De La Soul. La gloire du hip-hop alternatif dans les années 1990, par opposition au gangsta rap, n'a pas endisqué depuis plus de 10 ans - rien pour que les amateurs du genre s'excitent en masse. Sauf peut-être l'interprétation de Feel Good Inc., enregistré avec Gorillaz en 2005, qui a semé une certaine frénésie.
Avec moins de cheveux et plus de poids qu'à leurs débuts, le trio de vétérans new-yorkais a sorti tous les trucs habituels pour amuser la foule, qui ne demandait pas mieux - comme se moquer de la section VIP amorphe : «Who the fuck are you?»
Pas transcendant comme prestation, mais amusant. Un peu ringard, aussi. On se demande l'intérêt de produire De La Soul au Festival. Y avait rien d'autre de disponible pour la soirée hip-hop?
<p>En début de soirée, Samian s'est produit devant une poignée de spectateurs, mais il n'a pas ménagé son énergie pour autant. </p>
Samian
En début de soirée, Samian s'est produit devant une poignée de spectateurs, mais il n'a pas ménagé son énergie pour autant. Pour sa première présence au FEQ, le rappeur algonquin, accompagné d'un DJ, d'un batteur, d'un claviériste, a offert une trop courte prestation de six morceaux, très organique - l'ensemble était soudé au max.
Figure emblématique du hip-hop québécois, le rappeur engagé a dédié Les miens, un «rap'n'roll», aux jeunes autochtones en recherche identitaire. Il a aussi entonné une vibrante Paix des braves. Le Métis aux bras couverts de tatouages rêve du jour où les Québécois et les Autochtones vont marcher main dans la main. D'ici là, il n'aura de cesse de chanter et d'être «le fier représentant des Premières Nations».
Une prestation comme celle de jeudi peut certainement aider à établir des ponts entre les peuples.