Le jeu de Katherine Levac (à droite) sied parfaitement au style de l'émission. Elle est ici accompagnée de Louis-José Houde, qui arborait une perruque hilarante.

La glace est cassée pour SNL Québec

La glace est cassée : le Québec a maintenant sa version de Saturday Night Live. La première de samedi à Télé-Québec, efficace et bien menée, laisse entrevoir un beau succès. L'équipe est solide, le concept, à point, il faudra seulement insister sur les textes, parfois un peu faibles.
Les habitués de la version américaine n'ont sûrement pas été dépaysés, même qu'on avait recyclé deux sketchs de Saturday Night Live made in USA : ceux des «schweddy balls» et de la boisson énergisante pour chums d'actrices. C'est parti très fort avec le douanier russe et son «gaitecteur» pour repérer les voyageurs homosexuels entrant à Sotchi. Calendrier de pompiers ou disque de Lady Gaga dans vos bagages? Louche. Athlète de «bi»-athlon? Dites plutôt «hétéro»-athlton.
Dans son monologue d'ouverture, Louis-José Houde s'est moqué des moyens réduits de la version québécoise. L'humoriste, qui aurait pu voler le show, n'a pas éclipsé l'équipe de comédiens en place, suffisamment solide. Même qu'il a déjà été plus en forme.
Pour animer l'équivalent du Weekend Update, qui manquait de rythme, Mathieu Quesnel devra perfectionner son style chef d'antenne. Certains gags de ses Nouvelles SNL visaient juste, comme celui sur Vincent Lacroix, libre, qui «s'ennuiera de ses leçons de piano avec Monsieur Musique».
Quesnel était meilleur en prof de communication, qui enseigne aux policiers à mieux jouer devant les iPhones et autres cinéastes citoyens. «Faut projeter gang, le micro est p'tit là-dessus!» Mention spéciale à l'extraordinaire perruque de Louis-José Houde. Beaucoup ri en regardant Le vestiaire, un genre d'Antichambre ultra-commanditée.
Ambitieuse mise en abyme des émissions de nostalgie, avec un Mathieu Quesnel excellent en Gildor Roy de La télé sur le divan. Un de mes sketchs favoris : l'infopub du «voirque», ce croisement entre voile et perruque, 100 % non ostentatoire.
Peu importe le succès, j'ai le sentiment que l'expérience servira de tremplin à de nouveaux noms parmi l'équipe de comédiens maison. Beaucoup aimé Léane Labrèche-Dor, impayable en pirate célibataire et en animatrice de radio communautaire, mais aussi Katherine Levac, dont le jeu sied parfaitement au style de l'émission.
Elle était parfaite dans Les nouvelles SNL en Paidge Beaulieu, spécialiste de l'amour anglophone, bonne pour donner des conseils malgré un passé amoureux visiblement désastreux. Du pur SNL. Même satisfaction en voyant Virginie Fortin en critique de théâtre qui commentait avec une sévérité exagérée un Tchekhov d'école primaire.
On aurait cru qu'on avait demandé aux spectateurs d'exagérer leurs rires, tant certains d'entre eux sortaient souvent du lot. En guise de clin d'oeil à Samedi de rire, l'équivalent d'il y a presque 30 ans, Yvon Deschamps a prêté sa voix comme présentateur de l'émission. Réjouissante présence de Radio Radio. Prochain rendez-vous le 22 mars avec Stéphane Rousseau.
Sotchi : les premiers chiffres
La cérémonie d'ouverture des Jeux de Sotchi a été suivie par 577 000 téléspectateurs vendredi à 11h, pour la diffusion en direct sur ICI Radio-Canada Télé, et sa rediffusion à 19h en a rallié 886 000. Si on inclut RDS, ICI RDI et ICI ARTV, qui l'ont tous diffusée, 881 000 amateurs ont regardé la cérémonie en direct.
Dur de comparer avec Vancouver il y a quatre ans, où la cérémonie d'ouverture était diffusée sans décalage en soirée et avait attiré 942 000 téléspectateurs à V et 906 000 à RDS, pour un grand total de 1 848 000. À Turin en 2006, la cérémonie retransmise en après-midi à Radio-Canada avait intéressé 418 000 téléspectateurs, et la rediffusion en soirée, 669 000.