Récit d'une passion naissante entre une mère fragile (Kate Winslet) et un taulard (Josh Brolin), La fête du Travail se déroule presque entièrement en huis clos.

La fête du Travail: l'amour comme thérapie ***

La rumeur était bonne avant la présentation de La fête du Travail (Labor Day) au Festival du film de Toronto. Malheureusement, le film du Mont­réalais d'origine Jason Reitman (Juno) ne passera pas à l'histoire, malgré des qualités évidentes. Reste que la performance émouvante de Kate Winslet vaut amplement le détour.
L'actrice de 37 ans, qui a déjà accumulé six nominations comme meilleure actrice aux Oscars, aurait dû en ajouter une autre pour son rôle. Ce n'est pas le cas, mais sa candidature avait été retenue aux Golden Globes. Avec raison.
Elle incarne Adele, une mère monoparentale qui souffre d'une peur panique du monde extérieur et qui vit dans une petite ville rurale du New Hampshire. Son chemin croise néanmoins celui de Frank (Josh Brolin), un évadé dont le passé nous est révélé par des retours en arrière. Les événements sont relatés par Henry (Gattlin Griffith), le fils de 13 ans d'Adele, qui fantasme sur une petite voisine, ce qui aura des conséquences dramatiques.
Petit à petit, le garçon se laissera conquérir par Frank, trop heureux de cette présence masculine. Tout comme sa mère, dont la soif de désir - de toucher et de se faire toucher - la fait frémir de partout. Le temps d'une longue fin de semaine, cette rencontre va complètement bouleverser leur vie.
Le film se déroule presque en huis clos, dans la maison d'Adele. Cette promiscuité est propice à l'éclosion de cette passion. Mais il faut beaucoup de bonne volonté pour adhérer à ce coup de foudre improbable entre un taulard intimidant et une femme fragile. Même si, parfois, il nous vient l'envie d'y croire. Car la puissance des liens qui unissent le nouveau couple s'avère parfaitement crédible. La fête du Travail devient alors d'un romantisme authentique, jamais mièvre, sur la force de l'amour naissant.
La chimie entre les deux acteurs y est pour beaucoup. Josh Brolin est meilleur qu'on pourrait le croire, mais c'est Kate Winslet qui offre une performance remarquable, avec les nuances qu'on lui connaît. Elle sait, avec une économie de moyens, faire ressentir au spectateur toute la gamme des émotions qui l'agitent, notamment par le regard.
La réalisation de Reitman s'appuie d'ailleurs sur les regards échangés par les personnages, laissant l'image parler et faisant l'économie de dialogues qui auraient été superflus. Reste que son adaptation du roman de Joyce Maynard demande beaucoup de crédulité, surtout à la fin, après les rebondissements de circonstance.
Il y a une belle humanité dans ce récit, parfois très touchant pourvu qu'on soit capable de faire abstraction de ces situations parfois vraiment trop tirées par les cheveux. Bref, un drame adulte, qui s'adresse à un auditoire mature. Ça fait changement.
Au générique
Cote : ***
Titre : La fête du Travail
Genre : drame
Réalisateur : Jason Reitman
Acteurs : Kate Winslet, Josh Brolin et Gattlin Griffith
Salles : Beauport, Des Chutes, Lido et Sainte-Foy
Classement : général
Durée : 1h52
On aime : la performance de Kate Winslet
On n'aime pas : l'improbabilité du récit