Lors de son procès très médiatisé, Oscar Pistorius avait été déclaré sain d'esprit et pénalement responsable par des experts psychiatriques et psychologues.

La famille de Pistorius estime que ses droits sont bafoués

La famille de l'ex-champion paralympique Oscar Pistorius a estimé mardi que ses droits fondamentaux étaient bafoués et qu'il n'était pas traité comme un détenu «ordinaire», à la suite de décisions contradictoires sur sa demande de remise en liberté conditionnelle.
«Nous nous interrogeons [...] sur l'équité envers Oscar - et envers beaucoup d'autres - dont les droits constitutionnels sont affectés par la confusion permanente» sur les décisions de remise en liberté, indique la famille dans un communiqué reçu par l'AFP.
Condamné le 21 octobre 2014 à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie Reeva Steenkamp, l'idole déchue avait été autorisée par l'administration pénale à quitter sa prison le 21 août 2015. Mais à la veille de sa sortie, le ministre de la Justice, Jeff Radebe, avait suspendu cette décision, qualifiée de «hâtive» et reposant sur une mauvaise interprétation de la loi, et avait demandé son réexamen.
Lundi, une commission d'appel a étudié son cas et, à la surprise générale, n'a pris aucune décision, se contentant de renvoyer le dossier à la Commission des libérations anticipées, celle-là même qui avait décidé de le libérer en août.
«Nous ne comprenons pas pourquoi la Commission d'appel n'a pas pris de décision, comme elle a le pouvoir de le faire, et pourquoi le dossier est maintenant renvoyé à la Commission des libérations anticipées, qui n'a aucune raison de prendre une décision différente de celle qu'elle avait prise dès le début», poursuit le communiqué de la famille Pistorius.
En filigrane, la famille, mais également des juristes contactés par l'AFP, soupçonnent le ministre d'avoir bloqué la libération de Pistorius pour des raisons politiques, après le dépôt d'une pétition par la Ligue des femmes de l'ANC, le parti au pouvoir. La Ligue a fait de l'affaire Pistorius un symbole de la violence faite aux femmes en Afrique du Sud, et a milité pour que Pistorius soit lourdement puni.
«Cette expérience, poursuit la famille, nous laisse la désagréable impression que l'agitation publique, politique et médiatique autour du procès d'Oscar a contribué à ce qu'il ne soit pas traité comme un prisonnier ordinaire.»
La Commission d'appel, tout en renvoyant le dossier, a cependant ordonné que Pistorius suive une psychothérapie pour travailler sur les causes et conséquences de son geste meurtrier.
Là encore, la famille s'est étonnée, soulignant que le jeune homme de 29 ans est déjà suivi en psychothérapie, non seulement par son thérapeute personnel, mais aussi par les psychologues de la prison, dont l'avis avait d'ailleurs été pris en considération pour lui accorder une libération anticipée.
Pistorius a toujours affirmé avoir tué sa petite amie par accident en la prenant pour un cambrioleur introduit dans les toilettes de la maison en pleine nuit.
Le parquet a fait appel de sa condamnation estimant que le champion aurait dû être condamné pour «meurtre» et non pour «homicide involontaire». L'appel sera entendu le 3 novembre par la Cour suprême d'appel, qui peut modifier le verdict et condamner éventuellement l'ancien sportif à une peine plus lourde ou décider de renvoyer le procès en première instance.
Double amputé des pieds à 11 mois, Pistorius était devenu une icône du sport mondial avant le drame, prenant le départ aux jeux Olympiques de Londres 2012 avec les valides, malgré son handicap.