Pour une rare fois, la discrète famille Bergeron a ouvert ses portes et a laissé Le Soleil regarder avec elle la troisième période de la finale olympique.

La famille Bergeron fière de Patrice

Fierté. Voilà le mot qui habitait la famille de Patrice Bergeron lorsqu'elle a vu son protégé recevoir la médaille d'or aux Jeux olympiques de Sotchi, dimanche, au terme d'une victoire de 3-0 du Canada devant la Suède. Fierté à défaut de surprise, puisque le hockeyeur de L'Ancienne-Lorette «mérite tout ce qui lui arrive», selon ses proches.
Pour une rare fois, la discrète famille Bergeron a ouvert ses portes et a laissé Le Soleil regarder avec elle la troisième période de la finale olympique du tournoi de hockey masculin.
Au sous-sol de leur résidence, une douzaine de proches fixaient la télévision, entourés de portraits de leur joueur préféré. «C'est beau Patrice!», «C'est ça Patrice!» Le no 37 n'a laissé personne indifférent à chacune de ses présences sur la glace du Palais des glaces Bolshoï.
Les parents de Patrice Bergeron, qui ont vu leur fils gagner une première médaille d'or olympique à Vancouver en 2010, n'ont pas fait le voyage à Sotchi. Leur autre garçon, Guillaume, est devenu papa il y a deux semaines. «Ça n'arrive qu'une fois dans une vie ça aussi. Le match, on pouvait le regarder à la télévision. On n'était pas à Sotchi avec lui, mais il sait que la famille était là pareil», a dit son père, Gerard.
Patrice et ses parents ont discuté tous les jours jusqu'à la veille du match final. «Il était confiant. L'esprit de corps du club au complet faisait qu'il était confiant.»
Maman au chevet de fiston
La fierté sans bornes des Bergeron pour leur athlète de 28 ans n'est pas étrangère aux obstacles qui ont parsemé le parcours du joueur de centre. La carrière de Bergeron a été marquée par une grave commotion cérébrale subie en 2007, lui faisant rater les 72 matchs restants à la saison et les séries éliminatoires. Sa mère, Sylvie, était dans les gradins du TD Garden et a vu la scène en direct. Celle de son fils étendu longuement sur la patinoire, immobile.
«J'ai pris des mois de congé pour être avec lui à Boston», a-t-elle raconté. «Beaucoup de joueurs auraient arrêté après ça, mais Patrice m'a dit qu'il n'était pas encore allé au bout de ses rêves.»
Depuis cette blessure, Bergeron a gagné une Coupe Stanley, deux médailles d'or olympique et une Coupe Spengler.
Véritable «joueur d'équipe», il a aussi fait la manchette des bulletins sportifs partout dans le monde au terme des séries éliminatoires de 2013. Éliminés en six matchs par les Blackhawks de Chicago en finale de la Coupe Stanley, les Bruins ont révélé peu après que Bergeron avait joué avec un poumon perforé, des côtés brisées, un ligament intercostal déchiré et une épaule luxée. «Je l'ai fait pour l'équipe», avait simplement déclaré Bergeron aux journalistes.
Un vrai guerrier
Cette philosophie de guerrier a alimenté le brillant attaquant québécois tout au long de sa carrière, «même dans le pee-wee». Un état d'esprit qui l'a mené à cette nouvelle médaille d'or aux Olympiques, croit sa famille. «Il fait partie de l'élite mondiale, ça, c'est clair. Pour ça, il peut être fier de lui [...]. Qu'il joue avec Sidney Crosby ou n'importe qui, il peut s'adapter», a lancé son père, émotif. «Dans sa vie, il ne voulait jamais avoir de regrets. C'est la même chose pour les blessures. Moi, j'ai toujours dit à Patrice : tu fais tes choix, t'es responsable. Peu importe, on va être avec toi», a renchéri sa mère.
Grand-maman Aline n'était pas en reste au terme de la victoire du Canada. Pour elle, son petit-fils n'a jamais rien laissé au hasard. «Il le mérite complètement. Il a travaillé tellement fort. C'est un modèle pour tous les enfants.»