À 80 ans, Clotilde Bertrand a fait le saut avec Québec solidaire parce que la démocratie souffre.

La doyenne des candidats chez Québec solidaire

C'est probablement la candidate la plus âgée de la présente campagne électorale. À 80 ans, Clotilde Bertrand a fait le saut avec Québec solidaire parce que la démocratie souffre. «Elle est malade. Son état est grave», diagnostique l'octogénaire au bagage impressionnant qui a notamment passé «à un fil de la mort» lors du coup d'État de Pinochet au Chili.
Elle était alors étudiante stagiaire et travaillait sur le terrain. «J'étais dans la liste des fachistes», raconte la candidate solidaire d'Argenteuil, dans les Laurentides. Les hommes de Pinochet sont venus la chercher à 2h dans la famille chilienne qui l'hébergeait. Au beau milieu de la nuit, ils l'ont amenée dans une caserne militaire où elle a vu des horreurs qu'elle préfère aujourd'hui taire.
«C'est sûr qu'ils me fusillaient», évoque Mme Bertrand, encore émotive lorsqu'elle se remémore son passé. Heureusement, elle avait laissé à ses hôtes une liste de numéros de téléphone «au cas où». La syndicaliste, qui travaillé en Amérique latine pendant 20 ans et qui a longtemps fait la promotion de la solidarité internationale, vit encore aujourd'hui avec les séquelles de cet épisode, dont le plus important, la rage de vivre. «Quand tu passes à un fil de la mort, c'est là que tu veux faire quelque chose de ta vie», fait valoir avec philosophie Clotilde Bertrand, qui promet d'être engagée jusqu'à son dernier souffle.
Celle qui se rappelle son enfance où ses parents et leurs 13 enfants vivaient «sans électricité et sans eau courante» est révoltée par les injustices et de voir qu'il y a encore des gens qui veulent «s'en mettre plein les poches» comme à l'époque de Duplessis.
Depuis qu'elle serre des mains pour mousser sa candidature, Mme Bertrand est renversée par le cynisme de la population à l'égard des politiciens. Elle espère être élue pour tenter de soigner la démocratie qui, selon elle, est gravement malade. «Il n'y a pas d'âge pour faire de la politique», affirme-t-elle avec assurance, ajoutant qu'au final, c'est l'engagement qui compte.