Dans le salon, on remarque entre autres une lampe de dentiste ainsi qu'un bain métamorphosé en table.

La douce folie d'habiter dans une biscuiterie

Enfant, Patrick Foisy avait un rêve : posséder un jour une Volkswagen Coccinelle et avoir une «machine à boules» dans son appartement. Il a maintenant le sentiment du devoir accompli. Et l'enfant en lui doit être encore plus ravi, car ce logement se trouve, en prime, dans une usine à biscuits!
Une ancienne usine à biscuits, pour être exact. Celle de Viau, le père du Whippet, qui s'est établi en 1906 dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. M. Foisy habite dans la première phase de développement La Biscuiterie - Lofts authentiques, soit dans la partie la plus ancienne de l'usine, depuis trois ans.
Le nouveau souhait de Patrick Foisy aujourd'hui : recréer dans son loft l'esprit de la Biscuiterie Viau. Il a d'ailleurs disposé sur ses murs des photos d'employés de l'époque, d'anciennes factures et des enveloppes de biscuits encadrées. M. Foisy a aussi recréé des portes d'entreprises d'antan, à partir de panneaux dénichés dans une entreprise de recyclage.
«Même si je ne suis pas très bricoleux, j'ai retapé les portes moi-même!» Mais le plus intéressant : les vitres qu'il a fait ajouter ont été lettrées comme à l'époque par un artisan de son quartier. Patrick passe donc la nuit dans l'«Entrepôt Chocolat» et seuls les employés ont accès à la salle de bain, selon l'inscription...
Mais Patrick Foisy ne pouvait se contenter de cette réhabilitation, il devait aussi ajouter un peu de folie dans son loft. Puisque l'enseignant vit déjà dans un appartement recyclé, il s'est aussi donné comme mission d'appliquer le principe de «deuxième vie» à son mobilier. Il a d'ailleurs un bain dans son salon! Recouvert d'une vitre, il a été transformé en table. Une de ses tables d'appoint est d'ailleurs un coffre-fort, une autre, une caisse claire de batterie.
Plusieurs de ses lampes sont des instruments de musique, comme ces clarinettes qui éclairent la table de la cuisine. «Je ne vais pas trouver un objet et essayer de le faire fitter dans mon appartement. Ma philosophie, c'est quand j'ai une idée et que je me dis que ça va avoir l'air cool dans mon appartement, il faut que je trouve cet objet-là!» Comme la caisse enregistreuse chromée des années 50 qui se trouve sur son comptoir de cuisine. Encore fonctionnelle, elle renferme les ustensiles. «Ça peut me prendre jusqu'à 10 ans pour trouver l'objet, mais je sais que quand je vais trouver, ça va faire sourire les gens, les amuser!»
M. Foisy a recueilli une lampe de dentiste en même temps que le lecteur pour rayons X sur lequel il affiche des transparents de photos de voyage. «C'était d'une personne qui collectionne tout ce qui est équipement médical ancien. Dès que je l'ai vu la lampe, je me suis dit : "Il faut que je me fasse une lampe de lecture avec!"»
Dans sa chambre, une grosse boîte à lettres, autre exemple de recyclage, fait office de chute à linge sale. Une ancienne alarme de feu sert en cas d'urgence... de faire la fête. Elle cache en effet quelques bouteilles d'alcool.
Tout, donc, a une utilité dans son appartement. Sauf un objet, avoue-t-il : le parcomètre. Seulement, peut-être, pour rappeler aux visiteurs qu'il doit payer l'hypothèque.
Ses visiteurs ressortent en effet presque toujours conquis par l'univers de M. Foisy. Tellement qu'une voisine lui a créé un fan-club sur Facebook. Le groupe Patrick Foisy's Fan Club compte maintenant 55 membres.
Marchés et brocantes
Le collectionneur fréquente assidûment les brocantes, marchés aux puces et autres antiquaires. C'est son grand-père paternel qui lui a donné la piqûre.
Au sortir de l'université, l'enseignant fraîchement diplômé s'était d'ailleurs promis de remplacer tous les laminés et affiches de son logis par des oeuvres originales. Il commence aujourd'hui à manquer de murs, dit-il. M. Foisy a un faible pour le pop art, mais aime encourager les artistes de la relève locale.
Contrairement à bien des couples, la déco n'intéresse pas la copine de Patrick. Mais elle est bien contente d'avoir emménagé dans son appartement et de profiter de son décor. Et qui d'ailleurs n'aimerait pas pouvoir dire qu'il habite dans une ancienne biscuiterie...