Marie Helene Pouliot, travailleuse autonome, a consultée Brigitte Lamontagne, de la Caisse d'économie sociale pour sa planification financière.

La discipline au coeur des stratégies

Discipline. Tel est le mot-clé pour Marie-Hélène Pouliot, travailleuse autonome dans le secteur des technologies de l'information depuis huit ans.
n couple, mère de trois enfants, aujourd'hui âgée de 37 ans, elle a travaillé quelques années pour le gouvernement du Québec ayant en prime un régime de retraite collectif intéressant.
Cependant, à l'âge 29 ans, la jeune femme fait le choix de passer du statut de salariée à celui de travailleuse autonome. Donc, plus de régime de retraite d'un employeur, mais il y aura une retraite un jour. Il faut l'organiser.
Avant même de se lancer en affaires avec sa propre entreprise incorporée, elle décide de consulter un planificateur financier à la Caisse d'économie solidaire Desjardins.
«Heureusement qu'elle a eu le bon réflexe de faire la démarche avant de mettre sa décision en application», souligne Brigitte Lamontagne, planificatrice à l'institution sur le boulevard Charest. 
Tout s'est bien passé depuis la décision, ajoute Mme Pouliot. J'ai fait le choix au bon moment. Si j'avais à prendre la décision aujourd'hui, ce serait plus difficile. Je ne regrette pas mon choix.»
Le profil d'investissement du travailleur autonome doit être fait en fonction des revenus fluctuants et compenser la portion de revenus de retraite que donnerait un régime collectif. Et la stratégie d'investissement prévoit la retraite vers la soixantaine. 
Bien qu'elle vogue d'un contrat à l'autre, son statut de travailleuse indépendante lui permettra de travailler au-delà des 60 ans, mais à temps partiel au lieu de faire du temps plein, ce qui n'est pas toujours possible dans une entreprise. Une forme de retraite anticipée qu'elle peut déjà préparer.
«Il faut que je sois très disciplinée pour mes placements, même si je peux compter sur le revenu de mon conjoint qui a un emploi régulier stable. L'argent gagné n'est pas dépensé au fur et à mesure, mais il reste dans le compte de l'entreprise et ne se mélange pas à mes avoirs personnels. Je m'assure de bien contrôler les dépenses.»
Ainsi, avec des revenus en fonction des contrats au lieu de la paye aux 15 jours, Marie-Hélène Pouliot a décidé d'effectuer des virements réguliers pour ses épargnes, comme si l'achat de REER était envisagé comme une dépense régulière au budget, bien qu'il s'agisse d'un revenu lorsque sonnera l'heure de la retraite.
La stratégie de placement, explique-t-elle, devait comporter une portion du portefeuille dans des secteurs moins risqués, mais dont les rendements moins élevés demeuraient plus stables, comme les obligations ou certains types de fonds communs. En contrepartie, il fallait des placements au rendement plus élevé, mais aussi plus risqué.
À la Caisse d'économie solidaire, on lui a offert d'investir dans des placements éthiques, ce qui fait partie de la philosophie de cette caisse. «Au début, je n'étais pas très tentée par ce type de placement. Je craignais être dans une forme de philanthropie, ajoute-t-elle. J'ai compris de quoi il en retournait et avec ma planificatrice, j'ai choisi les meilleures catégories en fonction de mes besoins et de mes valeurs.»
Chose certaine, pour un travailleur indépendant, la préparation de la retraite doit tenir compte de la fluctuation des revenus. Mais cette préparation doit inclure une régularité dans les versements pour les placements, ce qu'a prévu Mme Pouliot en se donnant des obligations claires à respecter. Si la retraite est encore loin pour la jeune femme, la discipline fait partie de son quotidien pour assurer une retraite comprenant des revenus stables tout en vérifiant ses stratégies de placement et la planification à long terme au moins une fois l'an.