«On aurait espéré que le virus revienne un peu plus tard pour nous laisser temps de vacciner plus de Québécois, mais on doit faire face à son arrivée maintenant», a déclaré le Dr Alain Poirier (à droite), qui a une fois de plus mercredi plaidé en faveur du vaccin, tout en rappelant qu'il n'est pas obligatoire. À gauche, le ministre de la Santé, Yves Bolduc.

La deuxième vague de la pandémie arrive plus tôt que prévu

La pandémie de grippe A (H1N1) est de retour. Et plus rapidement que prévu, selon les autorités de santé publique qui ont lancé mercredi la plus vaste campagne de vaccination de l'histoire du Québec.
«Nous sommes dans la deuxième vague de la pandémie. On avait anticipé qu'elle arriverait plus tôt que la grippe saisonnière. Eh bien, nous y sommes dans ce "plus"», a indiqué le Dr Alain Poirier.
Le directeur national de santé publique participait avec le ministre de la Santé, Yves Bolduc, et le coordonnateur de la sécurité civile, Michel C. Doré, à une conférence de presse quelques heures après l'annonce de l'homologation du vaccin par Santé Canada. Ce feu vert du fédéral est le seul élément qui manquait aux provinces pour lancer leur campagne.
Graphique à l'appui, le Dr Poirier a indiqué que «tous les éléments confirment que nous sommes dans la deuxième vague de la pandémie».
Ces derniers jours, 174 cas de grippe A (H1N1) ont été confirmés au Québec, dont 27 ayant nécessité une hospitalisation. Le Québec a aussi enregistré son premier décès depuis le mois d'août. Il s'agit d'une dame de 87 ans décédée dans un CHSLD de la Rive-Sud de Québec.
Dans tous les cas de grippe enregistrés, 97 % étaient causés par le virus H1N1, confirmant ainsi qu'il s'agit du seul virus actuellement en activité.
«On aurait espéré que le virus revienne un peu plus tard pour nous laisser temps de vacciner plus de Québécois, mais on doit faire face à son arrivée maintenant», a ajouté le Dr Poirier, qui a une fois de plus mercredi plaidé en faveur du vaccin, tout en rappelant qu'il n'est pas obligatoire.
Le Québec possède présentement 400 000 doses du fameux vaccin sur un total de 11,5 millions commandées à la compagnie GlaxoSmithKline. Dès lundi, elles seront destinées aux travailleurs de la santé qui les recevront à leur lieu de travail. Par la suite, vraisemblablement à partir du 2 novembre, les gens faisant partie des groupes jugés à risques (femmes enceintes, malades chroniques et jeunes enfants) seront vaccinés en priorité dans des lieux prévus dans chaque région. Si toutefois une personne ne répondant pas à ces critères se présentait dans un centre de vaccination dans les premiers jours, elle ne devrait pas être retournée chez elle. «Il n'y aura pas de police pour surveiller, a illustré le Dr Alain Poirier. Mais on fait appel au sens civique de la population pour respecter les priorités de vaccination. Si jamais il y a vraiment trop d'affluence, on s'ajustera.»
Les modalités et les détails officiels sur les endroits et l'horaire de vaccination reviennent aux agences de la santé de chaque région. Dans la Capitale-Nationale, les détails seront dévoilés cet après-midi. On sait par contre déjà que le Carrefour Neufchâtel, le pavillon Desjardins de l'Université Laval, les Promenades Beauport et le Centre de foires deviendront des mégacliniques où seront vaccinées de 160 à 300 personnes à l'heure. La campagne devrait durer de cinq à sept semaines.
Le délai pour qu'une personne vaccinée produise des anticorps est d'environ 10 jours après le vaccin, a aussi ajouté le Dr Poirier.