Recalée aux préauditions de La voix en 2012, Gabrielle Shonk est de retour cette saison. Elle n'a rien d'une débutante, car elle roule sa bosse depuis cinq ans, combinant folk, soul et jazz.

La deuxième chance de Gabrielle Shonk

Nous avons été nombreux à tomber sous son charme, dimanche soir, à la première de La voix à TVA. Et pourtant, quand Gabrielle Shonk se présente aux préauditions de La voix en 2012, son interprétation de Fast Car de Tracy Chapman n'a pas la faveur des juges, de sorte qu'elle n'accède même pas aux auditions à l'aveugle.
«J'avais envie de me reprendre cette année pour montrer que j'étais capable», nous a confié la chanteuse de 25 ans, qui restait néanmoins hésitante. «Quand j'ai su que Louis-Jean Cormier allait être coach, ça m'a vraiment crinquée. Je suis une fan, je l'adore en tant qu'artiste, et j'ai pu constater que c'était aussi un être humain formidable.»
Cette fois, elle opte pour une chanson originale dont elle a écrit les paroles et composé la musique, un choix risqué. Les juges sont conquis. «En un an, on a tellement le temps d'évoluer que ça vaut la peine de se réessayer», dit-elle à ceux qui hésiteraient encore.
Inutile de dire que son choix de coach était déjà fait, avant même qu'elle ne chante les premières notes de Sang d'encre, la chanson de Jean Leloup qu'elle avait choisie pour les auditions à l'aveugle. Un titre en français, une rareté pour cette interprète qui chante presque uniquement en anglais, sa langue maternelle. Elle s'était lancé un défi, elle a su le relever, et rêve ultime, Louis-Jean s'est tourné.
Gabrielle Shonk n'est pas une débutante, même qu'elle roule sa bosse depuis cinq ans, combinant folk, soul et jazz. «Mon père écoutait beaucoup de Motown et des trucs comme Marvin Gaye, Aretha Franklin, Tracy Chapman, Joni Mitchell. J'ai grandi là-dedans, mais au cégep, je suis tombée en amour avec le jazz, ce qui a apporté une couleur à ce que je faisais.»
Bien qu'on ait beaucoup insisté dimanche soir sur ses origines américaines - elle est née à Providence dans le Rhode Island -, Gabrielle revendique avec fierté être une citoyenne de Québec. «Nous avons quitté le Rhode Island quand je n'avais que cinq ans, j'ai étudié en français», dit-elle, sans la moindre trace d'accent anglo.
Elle a étudié la musique au Campus Notre-Dame-de-Foy, avant de faire un bac en jazz à l'Université Laval, où elle a formé un groupe de jazz avec des camarades. «Nous avons donné beaucoup de spectacles, participé aux festivals de jazz à Lévis et Québec et on a remporté quelques concours.»
La candidate, qui a dû mettre de côté un projet d'album vu les circonstances, avoue avoir été soufflée par le torrent de commentaires élogieux à son endroit dimanche soir sur les réseaux sociaux, mais aussi dans les médias. «Je ne m'attendais absolument pas à ça, je suis encore bouche bée devant les réactions. Je ne comprends pas l'engouement qui s'est créé autour de ça.»
Bien que les auditions à l'aveugle et les chants de bataille aient été tournés avant les Fêtes, elle ne peut dire quoi que ce soit de ce qui l'attend, ni si elle sera des émissions en direct du mois de mars. «Ça aurait été une déception que ça ne marche pas, c'est certain. Mais La voix ne pouvait pas me faire reculer, et je savais que j'avais déjà une vie avant et que je pouvais retourner chanter si ça ne fonctionnait pas.»
D'ailleurs, les occasions de la voir et de l'entendre ne manquent pas, puisqu'elle chante régulièrement dans les bars et les restos de Québec. La liste de ses prochaines prestations apparaît sur sa page Facebook.
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Victoire écrasante de Fort Boyard
Ça prenait Fort Boyard pour battre Véro: 1 727 000 nostalgiques n'ont pas voulu manquer le retour du père Fouras mercredi soir à TVA. La victoire est si écrasante qu'on a fait passer Les enfants de la télé sous la barre du million, avec 954 000 fidèles sur ICI Radio-Canada Télé.
Départ canon aussi pour l'excellente comédie Les beaux malaises de Martin Matte, qu'ont regardée 1 535 000 curieux, suivie de Un sur 2, qui a en obtenu 882 000. Là aussi, TVA fait la vie dure à R.-C., où Trauma retient 837 000 accros. Ça joue dur.