Antenne pour les Remparts en particulier dans l'est du pays, Jos Canale (à droite, ici en compagnie de Richard Martel) sert de conseiller, de dépisteur et de mentor.

La curiosité bien placée de Canale

C'est lorsque l'on se met à éplucher son curriculum vitae que l'on se rend compte que Jos Canale est beaucoup plus que le coloré entraîneur ayant fait les délices des inconditionnels des défunts Harfangs de Beauport qui hantaient le centre sportif Marcel Bédard. Un édifice qu'il avait affectueusement surnommé le «petit cabane» et dans lequel sa bande faisait la pluie et le beau temps.
À sa deuxième saison avec les Remparts, il se promène un peu partout dans l'est du pays - et même en Europe -, servant à la fois de conseiller, de dépisteur, de mentor. On l'a croisé à Moncton et à Charlottetown cette semaine alors qu'il s'apprêtait à assister à un Mondial de catégorie junior A regroupant des équipes de plusieurs pays dont la Russie, la Suède, les États-Unis et la Biélorussie à Summerside (Île-du-Prince-Édouard).
«Je cherchais quelqu'un qui aiderait à faire des Remparts une organisation encore plus complète», a expliqué Patrick Roy, hier après-midi. «J'avais croisé Jos au cours des dernières années et il m'avait semblé un vrai connaisseur. En prenant connaissance de toutes ses réalisations, je me suis dit qu'il fallait qu'il se joigne à nous. Moi, je veux grandir comme entraîneur et c'est avec des gens comme Jos que je vais y arriver.»
Canale sourit lorsqu'on lui rapporte les propos de son patron. «Il m'a contacté aussitôt que mon employeur précédent a vendu les Fog Devils de St. John's, a-t-il confié. Je dois dire que Patrick m'intriguait. J'avais entendu plein de choses à son sujet et je sais plus que jamais qu'il ne faut pas se fier aux autres pour se faire une idée sur quelqu'un. Patrick est un perfectionniste, un travailleur acharné. Il m'a vraiment surpris. Chaque petit détail est important et il est aussi exigeant avec ses collaborateurs qu'il l'est avec lui-même. Moi, ça fait mon affaire. Je suis également comme ça.»
Beaux moments avec les Sags
Revenons cependant au curriculum vitae de Canale. Un gars qui a dirigé un total de 702 matchs (328-322-52) à Shawinigan, à Chicoutimi, à Beauport, à Laval, à Sherbrooke et à Drummondville dans la LHJMQ. Saviez-vous cependant qu'il est le seul entraîneur à avoir travaillé dans les trois circuits de la Ligue canadienne? Il a été entraîneur-chef pendant une demi-saison chez les Tigers de Medicine Hat (WHL) et une saison complète chez le Sting de Sarnia (OHL). Mais encore plus important, il est le seul entraîneur-chef de la LHJMQ à avoir remporté l'or à la tête d'équipe Canada junior. Il l'a fait en 1994. Des souvenirs impérissables.
Mais autant il a adoré son expérience sur la scène internationale, autant il affirme que ses plus beaux moments, il les a vécus à la barre des Saguenéens de Chicoutimi en 1990-1991. «Nous avions remporté la première Coupe du Président de l'histoire du club tout en nous classant pour le tournoi de la Coupe Memorial. La ville n'en avait que pour les Sags. C'était fou. Il y avait quelque chose comme 40 autobus qui descendaient à Québec, où avait lieu le tournoi. Toute une sensation, même si nous avions perdu en demi-finale.»
Qu'en est-il donc de cette rivalité Saguenéens-Remparts maintenant qu'il est de l'autre côté de la clôture? «Je ne m'implique que dans l'aspect hockey des matchs, a-t-il expliqué. Pour ce qui est du reste, je demeure à l'écart parce que j'ai toujours des amis à Chicoutimi. Vous savez, le hockey m'a permis de créer des liens solides là-bas. Je ne laisserai donc pas le hockey couper les ponts. Mais ça ne m'empêche pas de vouloir voir les Remparts gagner. Parce qu'en bout de ligne, la victoire, c'est ce qui compte le plus.»
D'ailleurs, c'est une femme du Saguenay et amie de la famille, Catherine Harvey, qui a chanté aux noces de sa fille
Josée l'été dernier. Il est également bien content de dire que sa conjointe Manon et lui sont les fiers grands-parents de la petite Annabelle. «De jeunes grands-parents», a-t-il précisé.
Et pour ceux que ça intéresse, c'est à cause des journalistes que son prénom s'écrit Jos au lieu de Joe.  «C'est arrivé pendant que j'étais à Chicoutimi», a raconté le gradué en administration des affaire à l'Université Loyola (maintenant Concordia) en riant. Moi, je suis né Giuseppe. Ça se traduit par Joseph. Les journalistes ont commencé à écrire Jos et après un certain temps je me suis mis à trouver ça plutôt original. J'ai donc décidé de garder ça comme ça. Maintenant, tous mes papiers m'identifient comme Jos Canale.»