Chic et bien coiffée, Isabelle Morin, 40 ans, a écouté sans broncher les représentations sur la peine lundi, un mois après avoir plaidé coupable à l'homicide involontaire de Martin Blanchette, 42 ans.

La Couronne réclame huit ans pour l'homicide involontaire d'Isabelle Morin

Isabelle Morin doit purger huit ans de pénitencier pour avoir tué son conjoint, Martin Blanchette, d'un coup de couteau au torse en 2006, estime la poursuite. L'avocat de Morin croit, lui, qu'une peine de trois années de détention servirait bien la justice.
Chic et bien coiffée, Isabelle Morin, 40 ans, a écouté sans broncher les représentations sur la peine lundi, un mois après avoir plaidé coupable à l'homicide involontaire de Martin Blanchette, 42 ans.
On ne saura probablement jamais exactement pourquoi Isabelle Morin a poignardé avec un couteau à steak l'homme qui partageait sa vie. Selon ce qu'elle a finalement avoué aux policiers, cinq ans après le drame, une dispute a éclaté entre elle et son conjoint, lorsqu'elle est revenue d'une soirée dans un bar le 5 mars 2006.
L'unique coup de couteau asséné par Isabelle Morin a fait des ravages : Martin Blanchette a eu un poumon et une artère perforés. Il est décédé d'une hémorragie interne environ 15 minutes après le coup, a établi le pathologiste.
La femme a essuyé le sang sur le comptoir et le cadre de porte de l'appartement de Limoilou avant l'arrivée des policiers, qu'elle avait elle-même appelés. Ceux-ci ont toujours soupçonné Isabelle Morin, mais manquaient de preuve pour l'accuser avant qu'elle s'incrimine.
Au moment du drame, Isabelle Morin était en probation et n'avait pas le droit de communiquer avec Martin Blanchette; elle l'avait frappé avec un caquelon à fondue un an plus tôt.
La mère de la victime, Jeanne Gauthier Blanchette, a témoigné de toute la douleur et la peur qui l'habitent depuis sept ans. Chaque soir, elle place encore un fauteuil bergère en travers de la porte d'entrée pour se sécuriser.
La dame âgée a rappelé au tribunal qu'elle devrait vivre jusqu'à sa mort avec ses souvenirs, notamment l'appartement souillé du sang de son fils. «Être une victime, c'est très difficile, a confié Mme Gauthier Blanchette. Quand on me regarde, les gens souffrent à ma place. Après quelques minutes, chacun retourne à sa réalité, mais ma place est dans l'horreur.»
La soeur de Martin Blanchette, Isabelle, a interpellé directement celle qui a tué son frère. «En plus d'avoir commis un geste odieux et irréparable en tuant mon frère, tu as eu l'audace de mentir et de continuer à vivre ta vie comme si de rien n'était, pendant que nous avons vécu l'enfer durant ces huit dernières années.»
En réclamant une peine de huit ans, le procureur de la Couronne, Me Jean-Simon Larouche, a insisté sur la gravité du crime, commis dans un contexte conjugal, par une femme en probation.
L'avocat d'Isabelle Morin, Me Sébastien Saint-Laurent, qui recommande une peine de trois ans, a affirmé que sa cliente a regretté son geste tout de suite après l'avoir posé. «Le coup était un geste impulsif et elle est grugée par les remords depuis les événements», a plaidé l'avocat, sous le regard incrédule de la famille de Martin Blanchette.
Après la fin de son cours
Isabelle Morin ne connaîtra sa peine que le 17 avril. Le juge Richard Grenier a consenti à rendre sa décision à ce moment pour donner le temps à la femme de terminer ses études en secrétariat. «Le rôle des tribunaux n'est pas de venger, mais de rendre justice», a rappelé le juge Grenier à la famille de Martin Blanchette, déçue de voir la détention décalée.
Isabelle Morin sera davantage à même de réintégrer la société après sa peine avec une formation en main, a noté le juge.
Il a toutefois pris soin d'avertir Isabelle Morin qu'elle devait respecter chacune de ses conditions de mise en liberté provisoire. «Respectez la famille de M. Blanchette!»