Steve Biron a eu des relations sexuelles non protégées avec 15 autres hommes en cachant qu'il était porteur du VIH.

La Couronne demande sept ans pour le séropositif Steve Biron

Les procureurs de la Couronne et de la défense ont présenté des suggestions de peines diamétralement opposées dans la cause de Steve Biron, cet individu de 35 ans de Québec qui a eu des relations sexuelles non protégées avec 15 autres hommes en cachant qu'il était porteur du VIH. Une victime s'est dite «assommée» par les représentations de l'avocat de la défense, Me Denis Bernier, alors que la Couronne réclame une peine globale de sept ans de pénitencier.
«Demander une amende de 15 000 $ et des travaux communautaires, c'est aberrant!» a lancé cet homme qu'on nomme Jimmy, afin de protéger son identité. «Il a ruiné nos vies ce gars-là!»
«Moi, je le considérais comme un ami, a-t-il ajouté plus tard au cours de l'entrevue. [...] Depuis cette histoire, je ne me suis pas réengagé dans une relation avec une autre personne, car j'ai beaucoup de difficulté à faire confiance.»
Lors de l'audience de vendredi matin, l'avocat du délinquant a expliqué que Biron avait repris sa vie en main et qu'il avait cessé de consommer alcool et médicaments. Le renvoyer derrière les barreaux le freinerait dans sa réinsertion sociale. Dans ce contexte, Me Bernier a suggéré à la juge Marie-Claude Gilbert d'imposer à son client 15 000 $ d'amendes, 240 heures de travaux communautaires et une probation de trois ans.
État de santé
Me Bernier a rappelé que Biron a déjà purgé neuf mois d'emprisonnement à la suite de son arrestation et qu'il avait aussi été soumis à une thérapie fermée de six mois pour vaincre ses problèmes de dépendance. Il a toujours respecté ses conditions de remise en liberté.
Me Bernier a assuré que Biron n'avait pas l'intention de transmettre la maladie à ses partenaires sexuels, même s'il leur cachait la terrible vérité sur son état de santé, entre l'été 2009 et l'automne 2010. Pendant une période d'un mois, il a «oublié» de prendre ses médicaments qui contrôlent la charge virale de la maladie, en raison d'une profonde dépression et de ses problèmes de dépendance. Abandonné par son conjoint de l'époque, Biron était en manque profond d'amour.
Comme Biron était toujours celui qui se faisait pénétrer, il croyait que les risques de transmission étaient pratiquement inexistants. Me Bernier a ajouté que les victimes ont aussi pris des risques dans toute cette affaire, en allant sur des sites de rencontres gais où il y avait sollicitation de relations sexuelles non protégées. Une des victimes est aujourd'hui porteuse du VIH, mais l'avocate de la Couronne, Rachel Gagnon, n'est pas en mesure de prouver que c'est Biron qui le lui a transmis.
Me Gagnon a pour sa part brossé un portrait tout à fait différent de Biron, alors qu'elle a suggéré une peine d'emprisonnement globale de sept ans pour le délinquant.
Parfaitement au courant
Elle affirme que l'homme de 35 ans était parfaitement au courant de ce qu'il faisait. Même quand il a appris être aussi porteur de la syphilis, une maladie transmissible sexuellement, il a continué à solliciter des relations sexuelles non protégées. Biron n'a jamais cessé son jeu dangereux, même si une de ses victimes l'a confronté sur ses mensonges et même s'il a arrêté de prendre ses médicaments.
Dans ce contexte, soit Biron voulait infecter le plus d'hommes possible ou il se balançait carrément de la santé de ces hommes, a ajouté Me Gagnon.
«Monsieur a obtenu leur consentement [sexuel] par la fraude», a lancé l'avocate.
La juge Marie-Claude Gilbert rendra sa décision sur la peine le 30 mai prochain.