Bernard « Rambo » Gauthier.

La Cour supérieure tient la FTQ responsable de l'intimidation sur les chantiers

La Cour supérieure rejette la requête de la FTQ-Construction, qui tentait de se dissocier des agissements de ses leaders syndicaux de la Côte-Nord, Bernard «Rambo» Gauthier et Michel Bezeau, montrés du doigt par la Commission des relations du travail (CRT) dans une décision relative à un cas d'intimidation et de discrimination syndicale, survenu en 2009 à Sept-Îles.
La FTQ-Construction demandait la révision de la décision de la CRT qui a donné gain de cause en 2012 à un travailleur de la CSN-Construction, Harold Richard, qui se plaignait d'avoir perdu son emploi en raison de son allégeance syndicale et d'avoir été victime de représailles de la part des représentants syndicaux. La commission allait même plus loin à l'époque, en faisant état d'un système de placement syndical qui ne laissait «aucune latitude» aux employeurs régionaux.
Dans sa requête, la FTQ-Construction soutenait que la CRT avait commis «une erreur mixte de faits et de droit» en la tenant «responsable d'actes commis par des représentants de personnes morales qui lui sont distinctes». S'appuyant notamment sur la jurisprudence, la Cour supérieure a finalement tranché le 12 mars, que «l'association représentative» peut être tenue responsable des gestes posés par ses membres.
De retour au tribunal
Bernard «Rambo» Gauthier, qui a livré un témoignage remarqué devant la commission Charbonneau en février, doit d'ailleurs revenir devant la justice jeudi matin. La Couronne exige que le représentant syndical contracte un engagement conformément à l'article 810 du Code criminel, soit d'observer une bonne conduite pendant un an, en raison d'incidents survenus le 18 juin, impliquant de nouveau Harold Richard.
La poursuite aurait des raisons de craindre que l'accusé «cause des lésions personnelles à Harold Richard ou endommage sa propriété». Cet été pendant la grève de la construction, des travailleurs de la FTQ-Construction ont empêché Harold Richard d'assister à une rencontre syndicale concernant l'avancement des négociations.