La consigne raconte avec un humour pince-sans-rire  les aventures d'un enseignant à la retraite.

La consigne: capsules de vie ***1/2

Les comédies dramatiques sont les films les plus difficiles à réussir. Il faut trouver le bon ton et le bon angle, sinon, tout s'effondre. Jan Sverák y arrive à merveille avec La consigne (Vratné lahve). Le long-métrage doux-amer s'attarde à Josef, un prof à la retraite qui refuse de vieillir - il rêve d'aventures érotiques et d'un nouvel emploi -, mais qui a bien de la difficulté à s'adapter à la vie moderne.
Zdenek Sverák, qui incarne Josef, connaît bien son sujet. Et la façon de le transposer à l'écran : deux de ses scénarios tournés par son fils Jan (Kolja, 1997 et L'école élémentaire, 1991) ont représenté la République tchèque aux Oscars. La consigne est leur troisième fructueuse collaboration.
Josef aurait pu facilement tomber dans la caricature. Les Sverák en font un sympathique et attachant personnage qui aspire à un bonheur simple. Incapable de supporter l'idée de rester à la maison avec sa femme, il se trouve un emploi à la consigne d'un supermarché praguois.
Ce petit guichet où il recueille les bouteilles est sa fenêtre sur le monde. Il joue à l'entremetteur, sème la bonne humeur, rend de petits services, fantasme sur certaines clientes (de belles séquences oniriques)... Jusqu'à ce que la modernité le rattrape : l'installation d'une machine pour automatiser la collecte des vides.
Mais ce n'est pas le plus gros défi de Josef : il doit aussi reconquérir sa femme qui se languit de son désintérêt. Zdenek Sverák aborde ainsi, un peu légèrement, la problématique du désir en vieillissant, de l'amour qui s'étiole, de la routine... Une situation qui trouvera son apogée dans un épique voyage en montgolfière, à la fois drôle et inquiétant, qui permet au réalisateur de proposer de superbes images aériennes.
À ce propos, il faut souligner la mise en scène efficace et jamais répétitive de Jan Sverák, qui maîtrise également avec beaucoup d'efficacité les courtes ellipses (servies par un bon montage) qui font progresser le récit.
Reste que c'est l'histoire attachante de ces personnages très humains, qui ressemblent à nos voisins et à nos parents, et l'humour pince-sans-rire qui crée les liens avec le spectateur qui font de La consigne un très bon moment de cinéma.
Au générique
Cote : ***1/2
Titre : La consigne (v.o.s.-t.f.)
Genre : comédie dramatique
Réalisateur : Jan Sverák
Acteurs : Zdenek Sverák, Tatiana Vilhelmova, Danielà Kolàrov
Salle : Cartier
Classement : général
Durée : 1h40
On aime : la réalisation maîtrisée, la vision originale de la vieillesse, l'humour pince-sans-rire
On n'aime pas : -